Michel Gronemberger avec la médaille du Marathon de Bruxelles

A 45 ans, j’ai couru mon premier marathon.

Dans la vie, j’aime les challenges. J’aime les fixer et les dépasser. Depuis quelques semaines, je m’étais mis en tête de courir mon premier marathon. Des amis m’ont un peu poussé car je ne m’en sentais pas capable. Certes, courir 20 km ne m’est pas inhabituel mais courir les 42 kilomètres du Marathon de Bruxelles relevait du défi personnel.

Sportif au quotidien, je ne me suis pas particulièrement entraîné pour cette nouvelle épreuve. Durant l’été, en plus de séances de spinning, j’ai fait du vélo et ai couru des distances allant de 10 à 20 km, histoire de me dérouiller les jambes. Quinze jours avant le Marathon de Bruxelles, j’ai profité de la journée sans voiture pour courir 31 km au travers de la capitale. Je voulais connaître les sensations à l’approche des 30 km. J’ai été servi, j’ai eu bien mal. Le jour du marathon, je devrai en parcourir 11 de plus.

J’ai longuement hésité à m’inscrire et ne me sentais pas prêt. Ce n’est que la veille que j’ai finalement validé mon inscription et déboursé 90 €, le prix du précieux sésame : le dossard. J’ai reçu beaucoup de conseils d’amis qui ont couru plusieurs marathons, dont celui de Bruxelles. « Ne pars pas trop vite, ne vise pas un temps, attention au mur des 33 kilomètres ! ».

Mon seul objectif était de terminer la course en moins de quatre heures. Le jour J, lors du départ, j’étais placé derrière les coureurs dont le temps est inférieur à 3h45. Je les ai suivis une bonne partie de la course. Les premiers 20 km ont été faciles. Mon rythme était bon et mon repère était mon cardio qui affichait 150 pulsations par minutes, soit ma vitesse de croisière.

Dans une telle épreuve d’endurance, il est essentiel de s’hydrater et de s’alimenter régulièrement pour éviter les crampes et l’épuisement, faute de glucides. Tout s’est bien passé pour moi jusqu’aux kilomètres 26 et 27, dans une petite côte à la sortie des étangs de Tervuren. La côte n’était pas longue mais suffisamment raide pour me faire mal et j’ai pu observer les premiers coureurs passer à la marche.

Une fois cette difficulté passée, j’ai senti la douleur s’installer progressivement. Le début de la partie de plaisir allait commencer. Effectivement, vers le kilomètre 32, j’ai ressenti le fameux mur du 33éme kilomètre. Pas de chance pour moi, ce fut un kilomètre de souffrance en plus.

Impossible de faire les ravitaillements en courant comme au début du marathon. Je devais à présent m’arrêter pour boire et la douleur dans les jambes devenait presque insupportable.

Dans le haut de l’avenue de Tervuren en direction des étangs Mellaerts, la descente était aussi dure pour mes articulations et mes muscles qu’une montée. Mes amis ont raison, c’est vers le 33ème kilomètre que le marathon commence.

9 kilomètres interminables où chaque foulée est un effort, où à chaque moment le corps dit stop, arrête-toi ! L’esprit doit prendre le dessus. Même si j’avais l’impression de ne plus avancer, j’en ai dépassé des zombies, des coureurs qui n’avancent plus, qui s’étirent au bord de la route. J’en ai vu vomir tellement l’effort est intense, parfois même surhumain. Le Marathon de Bruxelles a la réputation d’être difficile. A présent, je sais qu’il l’est.

Finalement, j’ai bouclé mon premier marathon en 3 heures 52 minutes. Quelle joie, quel bonheur indéfinissable d’arriver sur le tapis rouge du côté droit, réservé aux marathoniens. A 45 ans, je suis devenu marathonien dans ma ville.

Une fois ce challenge accompli, je n’ai plus eu envie d’en rester là. J’ai l’impression d’avoir été touché par le virus du sport d’endurance, bien au-delà des douleurs ressenties durant l’épreuve.

Après quelques jours de réflexion, je pense qu’un deuxième marathon me tenterait bien. Un peu plus plat que celui de Bruxelles, pour voir si les douleurs du 33ème kilomètres se manifesteront plus tard. Et pourquoi ne pas tenter des trails un peu extrêmes ou se lancer dans le triathlon et oser un Ironman ?

J’ai peur car ce virus est bien là et je me connais, je n’ai aucune limite. Est-ce la midlife crisis ? Je n’en sais rien. La seule chose dont je suis certain est que je me dirige vers ce type de sports, extrêmes pour certains mais devenus pour moi une nouvelle passion.

A suivre …

 

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