Couverture de Paris Match avec l'animatrice de la RTBF Armelle Gysen

Armelle Gysen dans Paris Match, l’animatrice de la RTBF (et ex-comtesse) brise le silence.

Voici un beau reportage bien estival qui est pourtant sorti que la semaine dernière sur la belle et charmante animatrice de la RTBF Armelle Gysen. J’étais en reportage à l’autre bout du monde, alors si comme moi vous l’avez raté, voici l’interview qu’elle a donné en exclusivité à Paris Match, et qui est bien évidement illustrée avec mes photos. Bonne lecture !

L’important est de rester positif.

Durement éprouvée par son divorce, Armelle Gysen retrouve le sourire à la télé. Mais n’oublie pas son rôle de maman. Dans une robe soleil qui traduit son éternel optimisme, l’animatrice de la RTBF se prépare à arpenter les beaux chemins de Wallonie avec ses « Ambassadeurs ».armelle gysen photo double page
Elle a perdu beaucoup d’illusions, mais pas son sourire. Ces dernières années, bien que les nuages se soient accumulés dans sa vie personnelle, elle est restée un soleil pour beaucoup, à commencer par le public. Et, devrions-nous écrire, pour les patrons de la RTBF : c’est eux qui, conquis par sa passion pour le patrimoine belge, ont décidé de lui confier les rênes d’une nouvelle émission mettant en valeur les trésors de Wallonie. Une belle opportunité pour Armelle Gysen, après l’expérience de « Ma Terre » où elle avait succédé à Corinne Boulangier. Même si des événements l’ont contrainte à quitter le château où elle avait retrouvé le bonheur avec son deuxième époux, même si son conte de fées de femme devenue enfin maman s’est transformé en mauvais film, cette battante reste passionnée et passionnante dès qu’elle peut raconter les beautés de sa région. Et le reste, pour mieux surmonter les blessures.armelle-gysen-paris-match-2
« Depuis plusieurs mois, la RTBF réfléchissait à un nouveau concept mêlant tourisme, ruralité, patrimoine et terroir », explique Armelle Gysen à propos de son grand retour. « L’idée des “Ambassadeurs” est née à la suite d’un reportage diffusé dans le JT, lequel voyait des touristes chinois débarquer à l’aéroport de Liège. La réflexion des équipes a été de se demander comment réagiraient des visiteurs venus d’ailleurs ou vivant plus près de chez nous en découvrant les habitants et les richesses de nos régions. Comment les séduire pour en faire des ambassadeurs de nos trésors? » Pour mener à bien cette « opération charme » à l’écran, Armelle se charge d’accueillir et de guider les invités. A ses côtés, le chef Jean-Philippe Watteyne s’occupe de dénicher les ingrédients du cru pour leur proposer (et leur faire déguster) un repas du terroir. Authenticité et simplicité guident les recettes du jeune chef montois. Un délice visuel et sur place ! La création de ce nouveau menu télé ne s’est cependant pas faite sans aigreurs. Pour lancer « Les Ambassadeurs », la RTBF a été contrainte d’arrêter deux autres magazines, « La Clef des champs » de Philippe Soreil et « Télétourisme » de Guy Lemaire, parce qu’ils traitaient des mêmes sujets. « C’est une évolution naturelle qui fait partie intégrante de notre métier et que connaissent toutes les chaînes de télévision », précise Armelle, coupant l’herbe sous le pied des mauvais coucheurs qui l’ont attaquée. « Avec ce programme, la RTBF choisit de rassembler les forces de plusieurs émissions pour en créer une. Guy Lemaire et Philippe Soreil participent à ce projet et j’en suis très heureuse. Ils sont les garants des valeurs que la RTBF, en tant que service public, a toujours voulu défendre. » Ainsi, à l’écran, convivialité et ruralité sont les maîtres-mots de Philippe Soreil, qui assure la découverte des fermes et des activités agricoles, artisanales ou forestières. De son côté, Guy Lemaire entreprend de raconter l’histoire du coin à travers les lieux importants et des anecdotes savoureuses que les invités n’oublieront pas de sitôt. On aurait tort de croire que l’herbe est plus verte au-delà des frontières : la Belgique des villes et des champs regorge de petits coins sympas, d’activités originales et de multiples possibilités de se faire plaisir.

La Belgique des coins sympas regorge de plaisirs. Une photo prise l’été dernier. Depuis, la RTBF sourit aussi : pourtant diffusée le samedi en début d’après-midi sur La Une, l’émission d’Armelle cartonnne avec plus de 120 000 fidèles.

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Se relever car il y a pire.

Par Marc Deriez.

 

Paris Match. Vous voilà de retour dans la lumière, alors qu’on ne vous voyait plus beaucoup à la RTBF et que vous avez traversé des moments difficiles sur le plan privé. Cela doit combler la femme positive que vous êtes, non ?
Armelle Gysen. Retrouver les téléspectateurs toutes les semaines m’enchante. Il y a quelques mois, j’avais exprimé mon souhait auprès de la RTBF d’intégrer les magazines pour un rendez-vous plus fréquent avec le public. Il est exaucé, j’en suis très heureuse. Ma relation avec la RTBF est une longue histoire, un peu comme une histoire d’amour. Elle m’a fait vivre mes plus beaux moments télévisuels en me confiant des plateaux d’exception, des grands shows, des émissions très qualitatives comme le superbe numéro de « Ma Terre », consacré au patrimoine immatériel laissé par Napoléon. Cette émission est sans doute celle à laquelle j’ai contribué dont je suis la plus fière. Cela fera vingt ans cette année que je fais de la télévision. Vingt ans, ça me paraît un peu vertigineux et, en même temps, j’ai l’impression que j’ai commencé il y a quelques mois.armelle-gysen-rtbf

En tout cas, la télé n’est plus le seul domaine dans lequel vous brillez : vous faites, paraît-il, un malheur aux côtés de grands chefs d’entreprise auxquels vous apprenez l’art de bien communiquer en public. Qu’en est-il réellement ? Vous êtes bien renseigné. J’accompagne des dirigeants dans leurs prises de parole en public. Après vingt ans de métier dans les médias et la communication, j’avais l’envie de transmettre l’expertise acquise. Les différents types de plateaux et d’émissions que j’ai animés m’ont appris à gérer des publics, des techniques différentes. Elles ne concernent pas que la gestuelle, la posture ou comment regarder une caméra, mais aussi la façon dont vous articulez vos idées, dont vous les mettez en forme. Tous ces éléments influencent l’impact que vous aurez sur un auditoire. C’est ce travail-là que j’ai mis en place dans de grandes entreprises et il me passionne. Je ne mesurais pas le bagage acquis et de quelle manière je pouvais apporter quelque chose à une entreprise. Aujourd’hui, je me sens réellement être une valeur ajoutée. Former m’épanouit. J’ai toujours travaillé avec la volonté de grandir, d’apprendre plus de techniques. En transmettant, je me tourne vers l’autre en ayant la sensation de me déployer. Que les ressources viennent de moi est terriblement enrichissant.


« Notre société a banalisé le divorce avec une légèreté qui me laisse perplexe »

 

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« Le Lendemain de la mort de son petit garçon, j’ai dit à mon amie : « Désormais, rien est grave. Le pire est arrivé »… »


Professionnellement, vous retrouvez la pêche. Est-ce bien la preuve que la vie n’est faite que de parenthèses et que tout est toujours possible quand on veut bien y croire et se battre ?

Nous sommes tous confrontés aux épreuves de l’existence. Elles ne sont pas des parenthèses mais font partie de la vie et nous construisent. La battante
que je suis a reçu un coup rude à travers le divorce. Personnellement, j’ai vécu un séisme du jour au lendemain alors que, deux semaines plus tôt, je brossais encore les grilles rouillées du château pour les repeindre. Toutes mes valeurs, tout ce en quoi je croyais s’est effondré. Le travail accompli partait en fumée. Je comprenais que le temps passé avec mes enfants allait devoir être partagé sans que je ne puisse rien y changer. J’ai vécu mon divorce comme une prise d’otages. Finalement, quand on voit ça sur un plan général, une famille est toujours à la merci de la volonté d’une seule personne, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme.armelle-gysen-rtbf-ambassadeurs
Mais, en personnes responsables que vous êtes, vous et votre époux, vous avez réussi votre séparation, non ?
Parce que vous pensez qu’un divorce peut être réussi ? Il n’y a rien de plus injuste que d’imposer à des enfants d’être privés de leur maman lorsqu’ils
sont avec leur papa et de les priver de leur papa lorsqu’ils sont avec leur maman. C’est un non-sens. Notre société a banalisé le divorce avec une légèreté qui me laisse perplexe. Je vois des adultes autour de moi, des parents, se réjouir de profiter d’une semaine sur deux de liberté.
Quelle façon étrange de considérer la famille autour de son propre bonheur ! Je la considère sous l’angle de la responsabilité et je trouve certaines attitudes irresponsables, indignes aussi. Mais si votre question est de savoir si mon ex-mari et moi sommes en bons termes, oui, nous le sommes et c’est notre volonté commune. Je peux vous assurer qu’il m’a fallu tout mon amour de mère pour gérer les choses de la sorte.

« La psychothérapie m’a aidée tout au long de ma vie à comprendre mon comportement et celui des autres. Je n’ai jamais eu de pudeur à demander de l’aide »


Que devient le château qui semblait être votre nouveau paradis ?

Il semble qu’il soit vendu.
Et votre titre de comtesse ? Vous l’avez perdu également ?
Oui, bien entendu. Ce titre a été accordé aux ancêtres de mes enfants parce qu’ils s’étaient illustrés. Mes enfants n’ont rien fait, tout comme moi, pour le mériter. Mais ils devront en être dignes. A moi de les guider aujourd’hui pour qu’ils puissent être des adultes respectables, ancrés dans la société, partageant les valeurs qui font la force et la spécificité de l’aristocratie. Comment je vis ce changement de titre ? Je n’ai pas de vanité, j’ai des valeurs. L’aristocratie belge qui m’entoure l’a bien senti en m’assimilant à elle et en me manifestant tout son soutien lorsque mon mari a souhaité emprunter d’autres chemins.
Lorsqu’une femme se retrouve seule avec deux jeunes enfants, tout est bousculé. Mais j’ai reçu des manifestations de soutien extraordinaires et elles m’ont profondément touchée.armelle-gysen-enfants
Au lendemain de la naissance de votre deuxième enfant, vous nous déclariez être la femme la plus heureuse du monde, un bonheur bien mérité après plusieurs épisodes difficiles. Aujourd’hui, vous ne voyez plus la vie de la même façon ?
Je ne suis plus la même femme. Je pense qu’il y aura un avant et un après ma séparation. Ce divorce, le mythe brisé du modèle familial parfait et le brouillard dans lequel j’ai été plongée me poussent à m’interroger sur moi-même. Sur la façon dont ou sur le pourquoi j’ai été amenée à vivre cela. Aujourd’hui, je me reconstruis, j’apprends à affiner mes capteurs. Et surtout, plus que jamais, je m’appuie sur mes fondamentaux. J’apprends à me faire confiance. A être à l’écoute de qui je suis. Ma sensibilité et mon instinct sont des priorités désormais. Il est certain que lorsque vous avez l’impression d’avoir été trahie, la confiance est quelque chose de très difficile à retrouver. Toutes les femmes, tous les hommes qui se retrouvent un jour seuls connaissent cela.
Vous nous aviez confié un jour que la psychothérapie vous avait aidée à surmonter bien des cauchemars. C’est encore le cas aujourd’hui ?
Je crois que je suis le Fabrice Luchini des médias belges ! (Rires) La psychothérapie m’a aidée tout au long de ma vie à comprendre mon comportement et celui des autres, à mettre en perspective. Je n’ai jamais eu de pudeur à demander de l’aide. L’intelligence émotionnelle s’approfondit tout au long du chemin. Notre société l’admet de plus en plus.armelle-gysen
Si vous pouviez vous adresser à des femmes en plein divorce, vous leur donneriez ce même conseil : « Faites-vous aider, car la vie n’est pas simple quand on la voit uniquement en noir » ?
Qu’est-ce que ça veut dire, voir la vie en noir ? La vie est passionnante, pleine de rêves, d’amitiés et de surprises. Les écueils, les échecs, les rêves brisés, les drames construisent les êtres uniques que nous sommes. Ces moteurs nous font avancer. Quoi d’autre ? Sans doute aussi la quête de l’amour absolu. Dans les pires moments comme dans les grandes joies, nous vibrons. C’est l’essence de notre existence, et ces vibrations la rendent passionnante.

« Plus d’une fois, à bout de forces, je me suis découragée. Et puis vous regardez vos enfants dormir, et vous redémarrez, parce que l’essentiel est là. » En route pour la vie ! « J’ai découvert des sentiments que je ne me connaissais pas. Je ne soupçonnais pas cette force illimitée. »

 

Vous avez traversé des moments difficiles après cette séparation. La faute à cette suite d’échecs qui vous accablait, ou bien le fait d’y avoir tant cru ? Sans doute un peu les deux sur le moment. Mais cela a été très vite dépassé. Étonnamment, j’ai très rapidement agi avec un instinct et une détermination que je ne me connaissais pas. En quelques mois, je suis devenue chef de famille avec des objectifs très clairs. Stabiliser mes enfants, dynamiser davantage ma carrière et ensuite m’accorder un peu de temps pour me remettre de tout ça.

Quand une femme se retrouve seule, le fait d’avoir deux jeunes enfants est un soutien ? On sait pourquoi et pour qui on se bat ?

Bien entendu. L’histoire du monde et des femmes en particulier l’a souvent prouvé. On sait d’où vient notre force et pour qui nous nous battons. Et puis sans doute devenons-nous plus raisonnables, d’une certaine manière, parce que nous sommes responsables de deux petits êtres.armelle-gysen-rtbf-enfants-1

Gatien et Douglas vont visiblement très bien. Ça doit être plus qu’une consolation pour la maman que vous avez tant rêvé de devenir !
La solitude est difficile à vivre au quotidien. Vous couchez vos enfants, il vous reste mille choses à faire et vous n’avez personne pour vous aider à les accomplir ni personne à qui parler. Vivre cela lorsque ses enfants sont si petits, au moment où c’est si difficile, est vertigineux.
Plus d’une fois, à bout de forces, je me suis découragée me disant que je n’y arriverais pas, que c’était trop lourd pour une seule personne. Et puis vous regardez vos enfants dormir, et vous redémarrez, parce que l’essentiel est là. Ma fierté est infinie lorsque je regarde mes fils. Ils sont beaux comme des dieux, intelligents, sensibles et drôles. Ils sont mes fils.
Cette épreuve vous a encore appris des choses sur vous-même ?
J’ai découvert des sentiments que je ne me connaissais pas. Je ne soupçonnais pas cette force illimitée. J’ai appris à mes dépens que ce en quoi je croyais pouvait être un mirage. J’ai appris la prudence… Et j’ai compris à quel point j’aimais la vie, par-dessus tout.
L’une de vos amies a récemment perdu un enfant dans des circonstances tragiques. Quand on apprend cela, ne relativise-t-on pas ses problèmes ?
Le lendemain de la mort de son petit garçon, j’ai dit à mon amie : « Désormais, rien n’est grave, le pire est arrivé. » J’ai essayé de lui apporter cet équilibre entre légèreté et profondeur qu’elle m’avait transmis depuis treize mois pour m’aider à faire le deuil de ma famille. Vous savez, vous pleurez vos chagrins, puis un jour le pire arrive à l’une de vos amies, à un couple d’amis, et en quelques secondes, votre histoire personnelle vous apparaît comme dérisoire et tellement loin derrière vous.
Avec le recul, quel regard posez-vous sur la vie ?
L’année 2015 a été marquée par ce drame. Quand je vois une mère se relever et continuer à rire pour son premier enfant, quand je vois la force des hommes à se réunir pour soutenir le chagrin de leurs proches, quand je vois que nous pouvons rire aux larmes et danser jusqu’aux petites heures du jour alors que la vie nous malmène, cette transcendance me fascine. Je suis une amoureuse de la vie, oui, je le crois…
Vous êtes à nouveau amoureuse ?
Je viens à peine de noyer le prince charmant dans mon chagrin, laissez-moi un peu de temps !armelle-gysen-rtfb-ambassadeurs-1

Stylisme : Eric Bompard, Véronique Mergeay, Lily White, Herman Headwear, remerciement à Fiat Chrysler Automobiles Belgium. Maquilleuse pro et mise en beauté par Dominique pour Make-up For Ever.

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