Julie Taton à l’île Maurice : plus qu’un simple shooting, ce reportage emblématique marque un tournant majeur dans ma carrière. En replongeant dans mes archives pour ce projet qui avait fait grand bruit et avait été largement relayé par des médias comme 7sur7, je réalise à quel point cette production illustre parfaitement l’évolution de mon métier de photographe professionnel vers celui de producteur de reportages internationaux.

Le Touessrok : Un écrin pour une muse
Pour cette production, nous avions choisi l’un des joyaux de l’Océan Indien : Le Touessrok. C’était ma quatrième visite sur l’île Maurice et ma deuxième dans cet établissement d’exception. Je connaissais déjà par cœur ses plages de sable fin, son cadre luxueux et surtout son île privée, l’îlot Mangénie, qui offre une intimité parfaite pour des séances de prises de vues professionnelles.

Pendant que la Belgique affrontait les rigueurs de l’hiver, entre moufles et bonnets, nous profitions d’un climat tropical idyllique. Mais ne vous y trompez pas : derrière l’image de carte postale, le rythme était soutenu. Entre les moments de détente, de sport et de découverte de l’île, il fallait assurer une couverture de magazine et un dossier intérieur de 14 pages.

La « surprise » Julie Taton
J’avais déjà travaillé avec Julie huit ans plus tôt, juste après son élection de Miss Belgique, lors d’un shooting au Maroc pour Ciné Télé Revue. Je connaissais son franc-parler et sa bonne humeur, mais ce voyage à Maurice m’a fait découvrir une tout autre facette de sa personnalité.

Elle m’appelait affectueusement « Tonton ». Était-ce mes premiers cheveux gris ? Allez savoir… Toujours est-il que sous l’œil de mon objectif, Julie s’est révélée être une femme d’une grande profondeur. J’ai découvert une personnalité à la fois fragile et habitée d’une force intérieure surprenante, dotée d’une sagesse et d’une vision de l’avenir très positive. Travailler avec quelqu’un qui ne « se prend pas la tête », malgré son statut d’icône médiatique, est un luxe rare pour un photographe professionnel.

Nos séances étaient rythmées par des fous rires mémorables, notamment autour d’une recherche infructueuse de la « gallinette cendrée » — une private joke qui résonne encore aujourd’hui comme le symbole de cette complicité.

Le photographe devient producteur : Le « Clé sur Porte »
Ce voyage à l’île Maurice a été le laboratoire de mes productions dites « clé sur porte ». À cette époque, j’ai commencé à prendre en charge l’intégralité de la logistique pour des médias comme Paris Match. Mon rôle ne s’arrêtait plus au déclenchement de l’obturateur ; il fallait dénicher les partenaires, négocier les vols avec Air Mauritius et organiser l’accueil avec les groupes hôteliers.

C’était une stratégie « Win-Win ». J’offrais aux personnalités une semaine dans une destination paradisiaque, tout en garantissant aux destinations une visibilité médiatique énorme (la « valeur PR »). Pour optimiser le confort de mes VIP, je m’efforçais de réaliser les séances photos le plus rapidement possible, leur laissant ainsi un maximum de temps pour profiter des infrastructures de l’hôtel.

L’évolution technique : Du minimalisme au haut de gamme
Sur ce sujet précis avec Julie, j’utilisais encore une configuration relativement légère : un boîtier Canon EOS 5D, mes optiques fétiches, un flash cobra et un simple réflecteur. C’était du reportage pur, efficace et direct.

C’est suite à ce voyage que j’ai décidé de monter en gamme techniquement pour mes productions internationales. J’ai commencé à recruter des professionnels locaux à l’île Maurice, comme la maquilleuse Valérie Lee (grâce au photographe Julien Venner), et à établir des partenariats pour obtenir du matériel d’éclairage lourd sur place. Cette structure m’a permis de réaliser plus tard des sujets encore plus léchés, comme celui avec Ophélie Fontana et Vincent Langendries, toujours au Touessrok.

C’est aussi à cette période que ma collaboration avec la Joaillerie Holemans-Manalys (anciennement Manalys) s’est intensifiée. Pouvoir accessoiriser des shootings à l’autre bout du monde avec des bijoux d’exception ajoutait cette touche de luxe indispensable pour des publications de prestige.

Paris Match et la vérité sur Julie
Le numéro de Paris Match issu de ce voyage restera dans les mémoires, non seulement pour mes photos réalisées à l’îlot Mangénie, mais aussi pour l’interview exclusive (réalisée par la rédaction du magazine) intitulée « La vérité sur ma rupture avec Jean-Michel Zecca ». Julie s’y confiait avec une franchise et une lucidité touchantes sur l’amour de sa vie de l’époque.

Des Maldives aux souvenirs impérissables
Après ce succès à Maurice, j’ai eu la chance de repartir plusieurs fois avec Julie. L’un de nos plus beaux périples nous a menés aux Maldives, dans l’atoll de Lhaviyani. Le cadre du Kanuhura, un joyau de l’hôtellerie mondiale, était le théâtre parfait pour une nouvelle production d’envergure. Retrouvez mon reportage complet de Julie Taton au Kanuhura Maldives.

Pour ce voyage, j’avais poussé le concept de production encore plus loin : vol en Business sur Qatar Airways, stylisme géré par Julie elle-même, et bien sûr, les bijoux Manalys pour parfaire l’ensemble. C’était le luxe dans toute sa splendeur, fruit d’une confiance mutuelle bâtie au fil des années et des kilomètres.





