Sophie Pendeville : Alice au Pays de Bruxelles et l’antiquaire Costermans

Le surréalisme n’est pas qu’un courant artistique en Belgique ; c’est un état d’esprit qui irrigue notre quotidien. Dans mon parcours de photographe, j’ai toujours cherché à repousser les limites du réel pour offrir des images qui racontent une histoire au-delà des apparences. Aujourd’hui, j’aimerais vous replonger dans l’un de mes projets les plus loufoques et gratifiants : la création de la série Sophie Pendeville Alice au Pays de Bruxelles.

Une collaboration entre esthètes bruxellois au Sablon

Tout commence par une promesse. Dans un précédent partage, je vous parlais du talentueux artiste français Julien Colombier. Ce projet est né de l’envie de faire dialoguer son univers graphique avec l’élégance de trois grandes maisons bruxelloises. L’idée était de créer une synergie entre l’art contemporain, l’artisanat d’art et le patrimoine immobilier de notre capitale.

La mise en scène s’est articulée autour de trois noms prestigieux. Tout d’abord, l’antiquaire Costermans, véritable institution du Sablon, qui représentait Julien Colombier à Bruxelles. Ensuite, la joaillerie De Greef, qui a réalisé des broches d’exception inspirées des œuvres de l’artiste. Enfin, la maison Didden & Co, aujourd’hui disparue, mais qui à l’époque apportait sa touche unique avec des tapis haut de gamme rue Blaes. C’est dans ce triangle d’excellence que l’aventure a pris vie.

Sophie Pendeville Alice au Pays de Bruxelles, photo surréaliste réalisée chez l'antiquaire Costermans au Sablon.
Sophie Pendeville joue Alice dans un décor surréaliste pour Costermans, Didden & Co et De Greef.

Sophie Pendeville Alice au Pays de Bruxelles : surréaliste et moderne

Pour incarner ce projet et lui donner une visibilité médiatique, j’ai immédiatement pensé à Sophie Pendeville. Je lui ai proposé de devenir notre Alice du jour, une Alice bruxelloise, élégante et un brin mystérieuse. Elle a accepté sans la moindre hésitation.

Sophie possède cette rare qualité de « rentrer » immédiatement dans un rôle de composition. Son enthousiasme pour l’univers surréaliste a facilité mon travail. Face à l’objectif, elle ne se contente pas de poser ; elle habite l’espace. Pour ce shooting, elle portait une robe digne d’un film fantastique, un petit lapin à la main, prête à braver les lois de la gravité.

Le défi technique : photographier au plafond chez Costermans

C’est ici que mon rôle de photographe devient un véritable défi de technicien. Réaliser la série Sophie Pendeville Alice au Pays de Bruxelles impliquait une image où Alice marche littéralement au plafond. Dans le showroom majestueux de Costermans, avec une table dressée de manière magistrale par Gérald Watelet, l’improvisation n’avait pas sa place.

D’un point de vue technique, une telle image ne peut pas être réalisée en une seule prise. Elle nécessite une imbrication précise en post-production. La difficulté majeure réside dans le respect des perspectives et de l’angle d’attaque lors des deux prises de vues distinctes (le décor d’un côté, Sophie de l’autre).

Voici les règles d’or que j’ai appliquées :

  • Focale identique : Utiliser exactement le même objectif pour les deux clichés afin d’éviter toute distorsion.
  • Hauteur de l’appareil : L’appareil photo doit être placé à la même distance du sol (ou du plafond) pour que les lignes de fuite se rencontrent parfaitement.
  • Angle de prise de vue : Une variation de quelques degrés seulement rendrait l’incrustation impossible ou, au mieux, peu naturelle.

Un hommage au patrimoine bruxellois

Quand je lance des idées aussi « loufoques », j’ai toujours ce petit moment de doute avant le résultat final. Mais en voyant cette photo où tout est inversé — le sol en haut, le plafond en bas, la décoration de Gérald Watelet défiant la physique — j’ai ressenti cette immense satisfaction du travail accompli.

C’est un privilège rare que de recevoir carte blanche de la part de tels commerçants. Travailler dans l’antre de Costermans au Sablon ou dans les ateliers de De Greef est une expérience en soi. Ce shooting est désormais une archive précieuse, un souvenir d’une époque où ces trois maisons collaboraient pour sublimer l’art de Julien Colombier.

Je tiens à remercier chaleureusement les équipes qui ont rendu ce rêve possible : Catherine Malmendier, ma maquilleuse professionnelle (fidèle à la maison Dior), Andy et Jeff pour la coiffure, et bien sûr, notre Alice, la charmante Sophie Pendeville.

Réaliser cette image de Sophie Pendeville Alice au Pays de Bruxelles fut un challenge technique, mais surtout une aventure humaine et artistique qui prouve que Bruxelles reste, plus que jamais, la terre promise du surréalisme.

Passer de la solennité d’une photo officielle du Roi Philippe à l’univers décalé d’Alice est ce qui fait toute la richesse de mon métier de photographe.

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