Immortaliser Sandrine Corman enceinte fut pour moi l’illustration parfaite que la photographie de grossesse est un exercice d’équilibre entre pudeur et mise en lumière.. Au cours de ma carrière de photographe professionnel à Bruxelles, j’ai eu le privilège de capturer l’intimité de nombreuses personnalités. Parmi elles, Sandrine Corman, figure emblématique de RTL, occupe une place particulière. Ressortir ces clichés aujourd’hui, c’est plonger dans une époque où l’exclusivité médiatique dictait le rythme des séances. Pour un photographe, gérer le shooting d’une célébrité enceinte demande une précision d’horloger : il faut intervenir au moment idéal, là où le ventre est parfaitement rond, mais avant que la fatigue ne l’emporte sur l’éclat de la future maman.

L’exclusivité médiatique : Un défi technique et temporel
En janvier 2007, Sandrine attendait son premier fils, Oscar. À cette époque, lorsqu’une personnalité de premier plan comme elle annonçait sa grossesse, les magazines se livraient une véritable course à l’exclusivité. En tant que photographe, ma mission était double : livrer des images techniquement parfaites pour la presse papier et protéger l’image de la star. Réaliser un shooting de femme enceinte pour un média de renom impose des codes stricts. Il faut savoir suggérer sans trop dévoiler, privilégier le « haut de gamme » à la simple nudité. Si aujourd’hui les réseaux sociaux ont libéralisé l’image du corps maternel (on pense aux shootings iconiques de Rihanna ou aux couvertures audacieuses de Vogue), en 2007, en Belgique, nous étions dans une esthétique plus retenue, inspirée du luxe et de la haute couture.

Un écrin de luxe pour Sandrine Corman enceinte : Le Royal Windsor et Kaat Tilley
Pour sublimer cette séance de Sandrine Corman enceinte, nous avons investi l’une des prestigieuses « fashion rooms » de l’hôtel Royal Windsor (devenu aujourd’hui le Warwick Grand-Place Brussels). Le choix du lieu n’était pas anodin. Le cadre devait être en parfaite adéquation avec le stylisme choisi pour Sandrine.
La chambre, décorée par la talentueuse créatrice Kaat Tilley, offrait une atmosphère onirique. Nous avons travaillé sur des teintes vaporeuses, des tissus amples et des tons blancs pour accentuer la douceur du moment. Pour parfaire ce tableau de maternité de luxe, Sandrine portait des pièces de chez Cartier. Faire poser une femme enceinte de sept mois dans un tel décor, entourée d’une équipe complète (maquilleurs, stylistes, attachés de presse), crée une effervescence qu’il faut savoir canaliser pour préserver la sérénité du modèle.

La gestion de l’humain sur le plateau
Photographier une future maman est bien plus reposant que les séances « maman-bébé » que j’ai pu réaliser par la suite, notamment avec Armelle Gysen à l’île Maurice ou au château d’Ry. Avec un nouveau-né, le rythme est dicté par les besoins de l’enfant.
Cependant, à sept mois de grossesse, la fatigue est une réalité physiologique. Je me souviens qu’à un moment du shooting, l’énergie de Sandrine déclinait. C’est là que le métier de photographe de portrait prend tout son sens : il faut savoir quand poser l’appareil, offrir une pause, et repartir pour capturer l’étincelle juste avant qu’elle ne s’éteigne.

Les coulisses techniques : L’époque du Canon EOS 5D Mark II
D’un point de vue technique, ce shooting de Sandrine Corman enceinte a été réalisé avec un Canon EOS 5D Mark II. Pour l’époque, ce boîtier était une révolution, mais il demandait une main experte pour gérer les basses lumières. Dans l’ambiance feutrée et chaude des chambres du Royal Windsor, j’ai fait le choix de ne pas trop monter en sensibilité ISO afin d’éviter le « bruit » numérique (le grain) qui aurait gâché la douceur de la peau. J’ai donc dû jouer sur des vitesses d’obturation lentes, demandant à Sandrine une certaine immobilité malgré l’inconfort relatif de sa posture. Le résultat ? Un modelé de lumière organique qui rend hommage à la silhouette de la grossesse sans l’agresser.

De la maternité à la complicité : Des souvenirs partagés
Le monde des médias belges est une petite famille. Quelques années plus tard, j’ai retrouvé Sandrine Corman dans un contexte bien différent : la Baby Shower de Fanny Jandrain. Dans une ambiance complice, elle s’amusait à mimer une nouvelle grossesse aux côtés de Maria Del Rio (avec qui j’avais réalisé un shooting rétro-glamour mémorable) et de Sandrine Dans. Ces retrouvailles soulignent ce que je préfère dans mon métier : la continuité. Suivre ces femmes, de leur statut de jeunes premières à celui de mamans épanouies, est un privilège rare qui donne tout son sens à ma démarche de portraitiste.

Cette couverture mettant en lumière Sandrine Corman enceinte reste l’une des belles réussites de ma collaboration avec la presse magazine. C’est un cliché iconique qui témoigne d’une époque charnière : pour l’anecdote historique, le titre La Libre Match a officiellement changé de nom en juin 2011 pour devenir simplement Paris Match Belgique, harmonisant ainsi son identité avec l’édition internationale. Un collector, tant pour l’image que pour l’histoire des médias belges.