Le temps d’un reportage exclusif pour Paris Match, j’ai eu le privilège d’accompagner le couple emblématique de la RTBF, Ophélie Fontana et Vincent Langendries, sous le soleil de l’île Maurice. Retour sur les coulisses d’une production haute couture au cœur du mythique palace Shangri-La Le Touessrok, entre lagon turquoise et élégance intemporelle..

L’art de la production : Bien plus qu’une séance photo
Réaliser un sujet « Célébrités » à l’autre bout du monde ne s’improvise pas. Pour ce shooting placé sous le signe de l’élégance et de la complicité, mon travail a commencé bien avant l’embarquement en Business Class. En tant que photographe professionnel, ma vision doit dépasser le simple cadre de l’objectif : il s’agit de devenir un véritable chef d’orchestre, capable de créer un univers de toutes pièces.
Pour ce projet, j’ai orchestré une sélection stylistique rigoureuse afin de sublimer mes invités. Mon studio à Bruxelles est devenu, le temps des préparatifs, un véritable atelier de mode. J’ai briefé mes équipes pour préparer des silhouettes à la fois classes et glamour, avec un seul objectif : produire un sujet « haut de gamme » à la hauteur du palace qui m’accueille régulièrement à Maurice.

Un vestiaire d’exception entre Bruxelles et Maurice
Pour parfaire ce tableau luxueux, j’ai quitté la Belgique avec deux valises remplies de pièces de créateurs. Des silhouettes vaporeuses en robes Diane Von Furstenberg, des maillots de bain Eres au chic minimaliste, et des costumes sur-mesure de chez Scabal.
Mais le luxe réside dans les détails. Pour donner un cachet incomparable à mes images, j’ai sélectionné des pièces de haute joaillerie chez Holemans Manalys, l’un des joailliers les plus en vue de la capitale belge. Ces diamants et métaux précieux, mariés aux montres Baume & Mercier et aux lunettes Cartier, ont apporté cette touche d’éclat indispensable sous la lumière zénithale de l’Océan Indien. Chaque accessoire, jusqu’aux célèbres chapeaux d’Elvis Pompilio, a été choisi pour s’harmoniser avec la palette chromatique de l’île.

L’arrivée au Touessrok : Une mise en scène cinématographique
Le Touessrok n’est pas seulement l’un des plus beaux hôtels au monde ; c’est un décor vivant qui offre des perspectives infinies. Fort d’une relation de confiance de longue date avec le groupe Sun, j’ai pu concevoir des « tableaux » ambitieux dès mon arrivée.

Nous avons commencé par une mise en scène digne d’un film de l’âge d’or d’Hollywood : une arrivée VIP en limousine, accueillie par une haie d’honneur du personnel du palace. Capturer ce moment de protocole et de prestige permet de poser immédiatement l’ambiance du reportage : nous ne sommes pas seulement en vacances, nous sommes dans l’exceptionnel.
Éclat et mouvement : Le défi du lagon
La photographie de mode urbaine est une chose, mais capturer l’élégance à vive allure sur l’eau en est une autre. C’est là que la technique rencontre l’adrénaline.

Nous avons utilisé des speed boats et des pirogues traditionnelles pour explorer le lagon. Photographier Ophélie et Vincent en mouvement demande une précision absolue pour saisir cette posture digne et ce regard intense qui caractérisent le couple, malgré le vent et les embruns. L’utilisation de flashes spécifiques, indispensables pour sculpter les visages sous ce soleil intense, m’a permis de conserver ce rendu « cinématique » et ce piqué que je recherche tant dans mes travaux de prestige.
Le portrait « Éclat Aquatique » : La pureté des éléments
L’un des moments les plus forts de ce shooting fut sans doute la série réalisée avec Ophélie seule, dans l’intimité de la piscine à débordement. J’ai voulu créer une image d’une simplicité absolue : seuls ses épaules et son visage émergent de l’eau turquoise.

L’idée était de jouer sur le contraste entre la douceur de l’élément aquatique et l’éclat minéral du collier Holemans Manalys. Dans ce cadre épuré, la joaillerie prend toute sa dimension, captant la lumière mauricienne pour souligner la grâce du modèle. On quitte ici le reportage traditionnel pour entrer dans la photographie artistique, où chaque reflet devient une parure.

Une synergie de talents locaux
La réussite d’une production internationale repose aussi sur la qualité des collaborateurs sur place. J’ai eu la chance d’être assisté par Julien Venner, un photographe local talentueux qui m’a aidé à dompter la lumière mauricienne. Quant à la mise en beauté, elle a été confiée à la maquilleuse Lee Val, dont le travail sur les textures et les teints a été exemplaire. Leur professionnalisme est le garant d’un résultat « zéro défaut » pour des publications de prestige comme Paris Match.
Conclusion : La célébration du Lifestyle
Pour clôturer ce séjour, quoi de plus naturel qu’un moment de détente face au lagon ?

Ce reportage restera pour moi une expérience marquante, non seulement par la beauté des lieux, mais par la générosité du couple Fontana-Langendries. Derrière chaque photo se cache des heures de préparation, de doutes et de rires. C’est ce mélange d’exigence technique et de plaisir partagé qui fait, selon moi, la force d’un portrait réussi.


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Coulisses d’une production photo à l’Île Maurice : Vos questions
Comment obtenir des vêtements de créateurs ou de la haute joaillerie pour un shooting ?
C’est une question de réseau et de crédibilité. Les grandes maisons travaillent généralement avec des bureaux de presse (Agences PR). Pour un photographe professionnel, la clé est de garantir un retour médiatique important (comme une parution dans Paris Match). À partir de là, il devient facile d’obtenir des pièces comme celles de chez Scabal, Eres ou Manalys, soit en direct, soit via un styliste. La confiance des marques repose sur votre capacité à magnifier leurs créations dans un cadre prestigieux.
Comment gérer l’éclairage au flash en plein soleil pour garder un rendu « cinématique » ?
En plein soleil, la lumière est brutale. Pour obtenir ce piqué et ce modelé sur les visages, j’utilise des flashs de studio autonomes plutôt que des flashs cobra, qui manquent de puissance. L’astuce consiste à sous-exposer l’arrière-plan d’un demi ou d’un diaphragme pour créer du relief.
Réglage du décor (soleil) : 1/250s, f/8.5 à 100 ISO.
Réglage du flash sur le sujet : 1/250s, f/11 ou f/11.5 à 100 ISO. Cette légère surexposition du sujet par rapport au lagon donne cet aspect détaché et luxueux à l’image.
Pourquoi privilégier un flash de studio plutôt qu’un flash cobra en extérieur ?
Le flash cobra est utile pour le reportage rapide, mais il ne peut pas « combattre » le soleil zénithale de l’Océan Indien. Le flash de studio permet de sculpter la lumière avec des modeleurs plus larges, offrant une transition plus douce entre les zones d’ombre et de lumière. Pour des productions « Haute Couture » avec des personnalités comme Ophélie Fontana, la précision du rendu est une priorité absolue qui ne tolère aucun compromis technique.
Quel est le rôle d’un assistant photographe sur une production internationale ?
Sur un plateau comme celui du Touessrok, l’assistant est indispensable. Il ne se contente pas de porter le matériel ; il est le garant de la constance de la lumière, surtout quand on travaille sur un bateau en mouvement. Collaborer avec des talents locaux, comme Julien Venner à Maurice, permet aussi une meilleure lecture des cycles du soleil et une logistique plus fluide. C’est cette synergie d’équipe qui permet au photographe de se concentrer exclusivement sur la direction artistique et la complicité avec ses modèles.
Comment s’orchestre une production « clé sur porte » pour un titre comme Paris Match, de la logistique à la réalisation technique ?
Un reportage de cette envergure est une création totale que je pilote de A à Z. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de concertation préalable avec la rédaction : je livre un sujet entièrement fini, prêt pour la mise en page. Mon rôle commence bien avant le déclenchement, en agissant comme un véritable chef d’orchestre : de la négociation avec les compagnies aériennes au choix stratégique de l’hôtel, comme le mythique Touessrok, jusqu’à la sélection du stylisme et les retouches finales. Cette gestion intégrale me permet de garantir une signature artistique constante et une exclusivité totale pour le magazine. Sur le plan technique, pour cette production à l’Île Maurice, je travaillais avec le Canon EOS 5D Mark II, un boîtier qui a marqué l’histoire du portrait numérique. Pour sculpter la lumière du lagon et sublimer le couple, j’ai sélectionné des optiques très lumineuses offrant un piqué exceptionnel : le 24-70mm f/2.8 et le 70-200mm f/2.8 pour la polyvalence, ainsi qu’un 50mm f/1.4. Mais le véritable secret du rendu de ce shooting réside dans l’utilisation du 85mm f/1.2, l’une des plus belles optiques jamais conçues par Canon. C’est cet objectif mythique qui permet d’isoler le sujet avec une douceur incomparable, tout en conservant une précision chirurgicale sur les détails de la joaillerie Manalys ou des tissus de créateurs.