Julie Taton enceinte, c’est avant tout l’histoire d’une complicité qui traverse les années et les océans. Pour réaliser ce reportage, il était pour moi évident de retourner à l’île Maurice. C’est là que tout a commencé, lors de notre premier shooting ensemble qui nous avait valu une couverture et plus de dix pages dans Paris Match. Entre ce souvenir mémorable et ce nouveau projet, le chemin parcouru est immense : des Maldives au Kanuhura jusqu’à l’île de la Réunion avec Sophie Pendeville. L’océan Indien est un territoire que je connais bien, et avec Julie, nous en avons exploré les plus belles facettes pour sublimer ce moment unique de sa vie.

Au fil de ma carrière, j’ai eu le privilège de photographier de nombreuses femmes enceintes célèbres en Belgique : Sandrine Corman au Warwick Grand-Place, Sandrine Dans en studio, Fanny Jandrain pour sa baby shower, ou encore l’ex-Miss Belgique Virginie Claes. Faire des milliers de kilomètres pour rejoindre le sable blanc et capturer ces instants précieux définit l’essence même de la photographie « haut de gamme ».

Le contraste d’une année : du combat à la vie
En avril 2015, à peine un an plus tôt, je réalisais un reportage sur Julie où elle brisait le tabou du papillomavirus (HPV). À l’époque, j’étais loin d’imaginer qu’en mars 2016, je serais de nouveau à l’île Maurice pour capturer son éclat, cette fois-ci enceinte de son premier fils, Côme.

Le rendez-vous était pris au Dinarobin Beachcomber, un écrin de luxe sauvage au pied du Morne Brabant. Pour Julie, cette grossesse était un « Bébé Miracle », une revanche lumineuse après les épreuves médicales. À 32 ans, porter cet enfant était un signe d’espoir qu’il fallait immortaliser avec douceur. Photographier une femme enceinte à ce stade demande une attention de chaque instant : Julie était à 35 semaines de grossesse et gérait déjà des contractions prématurées. Pourtant, l’énergie qu’elle dégageait était incroyablement positive.

La sérénité au pied du Morne
Nous avons profité de la lumière magique du lagon pour créer une bulle de protection. L’une des images fortes reste cette double page d’ouverture pour Paris Match : un portrait horizontal où Julie, en robe cintrée, pose les mains sur son ventre face au lagon, avec le Morne qui se dresse majestueusement en arrière-plan.

Pour varier les ambiances, nous avons capturé des moments plus décontractés, comme ce cliché de Julie pieds nus sur le sable, rayonnante dans son short noir et blanc et son t-shirt « La vie est Belge ». Ce clin d’œil à ses racines, porté avec fierté, illustre parfaitement son état d’esprit. En fin de journée, Julie s’est installée en position tailleur sur la plage, protégée par un chapeau de soleil et vêtue d’un maillot rayé. Qu’elle fixe l’objectif ou qu’elle pose les mains sur son ventre dans une variante plus intime, elle dégageait une sérénité totale, encadrée par la végétation sauvage.

Julie Taton enceinte : une icône entre mode et nature
Ce shooting marquait une transition profonde, un équilibre nouveau, plus spirituel. Pour clore les séquences de fin de journée, le choix d’un cadrage de profil horizontal s’est imposé. Le regard tourné vers l’horizon, une main sur le ventre et l’autre en appui sur le sable tiède, sa silhouette prend toute sa force architecturale sous une lumière rasante.

L’instant haute couture et la force sauvage
Le véritable point d’orgue survient au coucher du soleil. Julie a troqué ses tenues légères pour une longue robe kaki sublimée par un grand collier doré. Sur la gauche de l’image, sa silhouette complète se découpe contre une lumière d’un or profond. Dans une version verticale, le vent s’est invité, faisant danser le tissu de sa robe alors qu’elle fixait l’objectif face caméra avec une intensité rare.

Mais si l’on doit parler d’exception, le passage au parc Casela reste inégalé. Pour cette série, Julie portait une robe Natan Couture, soulignant son élégance et ses racines belges. Imaginez la scène : Julie, la main sur son ventre, sereine, alors qu’à ses côtés, une lionne trône sur une souche de bois. Ce contraste entre la vulnérabilité de la maternité et la force brute de l’animal crée une image d’une puissance symbolique absolue.

L’image iconique et les reflets du lagon
L’image qui restera sans doute la plus gravée est celle qui a fait la couverture de Paris Match. Nous avons privilégié une simplicité désarmante : Julie face caméra, en marcel et culotte blanche, partiellement recouverte par un pull Véronique Mergeay. Dans ce format vertical, elle irradie une lumière naturelle au milieu de la végétation luxuriante. Une variante, les cheveux dans le vent et le regard au loin, complète ce diptyque entre force publique et intimité.

Nous avons également exploré l’élégance intemporelle avec une robe noire bustier. Que ce soit de profil, le regard vers son ventre sous un ciel voilé, ou face à l’horizon avec un léger coup de flash pour sculpter les traits, chaque cliché raconte l’attente. La thématique aquatique n’était pas en reste, avec des plans en bikini fleuri ou vert, alternant entre poses graphiques et moments de complicité où Julie s’autorise une moue espièglerie face à l’objectif.

L’immersion s’est achevée dans la mer, Julie de 3/4 profil arrière, regardant son ventre en plein contre-jour. La lumière de fin de journée transforme l’eau en un miroir d’or scintillant. Entre deux prises de vue, elle me confiait se tourner vers la méditation et le yoga pour protéger ce petit être qu’elle sentait déjà « danser le foxtrot » dans son ventre. Ces images, prises quelques semaines avant la naissance de Côme le 13 avril 2016, restent le témoignage d’un printemps de renaissance.

FAQ : La photographie de grossesse de prestige
Qu’est-ce qui définit un shooting de femme enceinte « haut de gamme » ?
Le luxe en photographie de maternité ne se limite pas à la technique. C’est un ensemble : le choix de destinations exclusives comme l’île Maurice ou les Maldives, la privatisation de lieux d’exception (comme le Warwick à Bruxelles) et une coordination logistique sans faille. Faire parcourir des milliers de kilomètres à une équipe pour capturer la lumière parfaite sur une plage de sable blanc, c’est offrir un écrin sur mesure à un moment de vie unique.
Comment gérer une séance photo à 35 semaines de grossesse à l’autre bout du monde ?
La sécurité et le confort du modèle sont la priorité absolue. À 35 semaines, comme ce fut le cas pour Julie Taton, le photographe doit être capable de s’adapter aux signes de fatigue ou aux contractions. Le choix du Dinarobin à Maurice n’était pas un hasard : le calme du lieu et la proximité du lagon permettaient de réaliser des images fortes sans imposer de déplacements physiques éprouvants à Julie.
Pourquoi la relation de confiance entre le photographe et la célébrité est-elle cruciale ?
Une telle exclusivité pour Paris Match ne s’improvise pas. Mon historique avec Julie Taton (Maurice, Réunion, Maldives) a permis d’instaurer une complicité rare. Lorsqu’une personnalité a déjà partagé des combats personnels avec vous, comme son témoignage sur le HPV, elle s’abandonne plus facilement devant l’objectif pour des photos de maternité intimes. Cette fidélité est la clé pour capturer « l’aura » véritable.
Quels sont vos conseils pour immortaliser une grossesse de manière intemporelle ?
Que ce soit pour une reine, une Miss Belgique comme Virginie Claes ou une animatrice vedette comme Sandrine Corman, la recette reste la même : une lumière douce, une tenue élégante (comme le maillot de bain soulignant le ventre ou une robe fluide) et surtout, un décor qui fait sens. Le but est de créer un patrimoine visuel qui, dix ans plus tard, n’aura pas pris une ride.







