Il n’est pas rare de voir mes clichés illustrer les pages de magazines prestigieux, mais ma collaboration avec Paris Match Belgique pour l’exposition à l’Aspria Royal La Rasante reste l’un de mes souvenirs les plus marquants. Dans ce club exclusif de Woluwe, où le business côtoie la culture et le bien-être, j’ai voulu démontrer qu’une photographie de célébrité n’est pas qu’une question de déclencheur, mais une véritable performance logistique et artistique.
Une exposition VIP à l’Aspria Royal La Rasante
Le thème de cette série, « Les stars font du sport », est né d’une observation simple : croiser régulièrement des personnalités belges dans les couloirs de ce club dont je suis également membre. L’idée initiale de l’Aspria Royal La Rasante était de créer un événement culturel pour ses membres. Cependant, exposer seulement cinq clichés me semblait trop réducteur pour un lieu d’une telle envergure. J’ai donc pris le parti de produire 20 tirages monumentaux d’un mètre sur un mètre cinquante. Pour transformer ce projet en un événement mémorable, j’ai mobilisé mon carnet d’adresses VIP, faisant de ce vernissage un succès retentissant au cœur de Bruxelles. Paris Match a d’ailleurs salué l’initiative avec un dossier de six pages, titrant avec justesse : « La photo, c’est du sport ! ».

Le défi technique : Transformer une salle de spinning en plateau de cinéma
Parmi toutes les images de cette série, celle réalisée avec Cathy Immelen est sans doute la plus complexe et la plus surprenante techniquement. Pour rendre hommage à sa carrière liée au septième art, nous avons décidé de détourner totalement la fonction première de la salle de spinning de l’Aspria Royal La Rasante.
L’objectif était de créer une image « cinématique » pure. Pour ce faire, nous n’avons pas utilisé de simples flashs de studio, mais un véritable arsenal de production cinématographique. Imaginez la scène : au milieu des vélos de cardio, nous avons installé une caméra Arriflex authentique, une Dolly (chariot de travelling) sur ses rails d’acier, et des projecteurs HMI massifs pour recréer cette lumière si particulière des plateaux de tournage. Le déploiement de ce matériel lourd dans un espace confiné fut un véritable défi physique. Grâce à mes partenaires historiques d’Eye Lite et de Key Grip System, j’ai pu transformer cette vision en réalité. Mon rôle de producteur a été poussé à son paroxysme : coordonner les techniciens, gérer l’encombrement des rails entre les machines de sport et diriger les figurants pour qu’ils miment une équipe de tournage en pleine effervescence.

Le luxe dans les moindres détails
Pour parfaire cette illusion, le stylisme devait être à la hauteur de la technique. Cathy portait une robe rouge somptueuse signée par la maison Natan et Edouard Vermeulen. Mais une star de cinéma n’est rien sans l’éclat des pierres précieuses. J’ai eu le privilège de lui confier une parure de diamants et un bracelet exceptionnel de chez Manalys, l’un des plus grands joailliers du pays. Voir ces joyaux scintiller sous les projecteurs HMI, au milieu d’un décor de fitness, créait un contraste saisissant qui fait toute la force de cette photo.

Humour, bouées et caprices aquatiques
Le projet s’est poursuivi avec d’autres défis, parfois plus cocasses. Avec Gaëtan Vigneron, nous avons exploré l’autodérision dans la magnifique piscine de l’Aspria Royal La Rasante. On pourrait croire qu’une photo avec une bouée est simple, même sans courant apparent, la dérive nous a joué des tours incessants. Maintenir Gaëtan et sa bouée exactement sous l’axe de mes sources d’éclairage a demandé une patience infinie et une coordination physique intense. Là aussi, ce fut du sport, mais pour un résultat empreint d’humour qui me ressemble.Sur les terrains de tennis de l’Aspria Royal La Rasante, j’ai réuni Stéphan van Bellinghen et Emilie Dupuis. Le lien était naturel : Emilie partage la vie du tennisman Xavier Malisse et Stéphan est un habitué des courts du club. La mise en scène, bien que plus légère, visait à capturer cette complicité immédiate.

Maîtriser les éléments : Du rock à la fumée
Pour Caroline Fontenoy, l’image devait refléter son énergie de « Working Girl » : pétillante, rock et toujours à 300 km/h. La prise de vue fut rapide, intense, à l’image de son tempérament. Enfin, la photo avec Julie Taton a nécessité toute mon expérience de photographe pour surmonter un obstacle technique majeur : la vapeur. Nous tournions à la sortie du hammam avec les personnal trainers Shawn Rateau et Ivan Peres. La machine à fumée que j’avais installée saturait l’espace en quelques secondes, rendant les sujets invisibles. La solution ? Shooter plusieurs passages pour capter la netteté des visages, puis d’autres pour l’ambiance vaporeuse, avant de réaliser un montage minutieux sur Photoshop pour fusionner le tout.

Un succès durable à Bruxelles
Ce projet fou, né d’une envie de célébrer la culture et le sport, a fonctionné au-delà de mes espérances. En plus de la visibilité exceptionnelle dans Paris Match, ces œuvres sont restées accrochées aux murs de l’Aspria Royal La Rasante comme éléments de décoration. Chaque fois que je passe devant elles, je me remémore l’adrénaline de ces journées de production où chaque détail, du diamant au rail de travelling, comptait.
