Reine Mathilde : Le portrait officiel de ses 50 ans au Château de Laeken

Reine Mathilde : Un jubilé célébré par l’image

Reine Mathilde : ce nom évoque une élégance et une bienveillance que j’ai la chance de documenter depuis plusieurs années. C’est toujours un plaisir immense et un véritable privilège de pouvoir réaliser des clichés de la Famille Royale de Belgique. En tant que photographe professionnel, être sollicité pour immortaliser les 50 ans de la Reine est un moment de pur bonheur, une étape marquante dans un parcours consacré à l’image.

Ce projet revêtait une dimension symbolique particulière. En trente ans de métier, c’était la première fois que je réalisais un portrait destiné à devenir un timbre Bpost. Voir son travail circuler à travers tout le pays, porté par le courrier des citoyens, est une reconnaissance rare et gratifiante. En tant qu’un des photographes ayant le privilège de collaborer avec le Palais, cette mission représentait un défi technique et artistique passionnant.

Portrait de la Reine Mathilde debout devant une fenêtre donnant sur les Grandes Serres de Laeken.
S.M. la Reine Mathilde. Un portrait empreint de sérénité réalisé au Château de Laeken. La Reine pose en robe blanche et noire devant l’emblématique perspective des Grandes Serres Royales.

De la Princesse à la Reine : Une collaboration de longue date

Ce n’était pas ma première rencontre photographique avec la Souveraine. J’avais déjà eu le bonheur de réaliser les photos officielles pour les 40 ans de la Reine Mathilde, qui portait à l’époque le titre de Princesse de Belgique.

Pour cet anniversaire précédent, nous avions travaillé en studio. Le style était très spécifique, basé sur une utilisation de la lumière continue pour obtenir un rendu pictural et intemporel. Ces portraits avaient beaucoup fait parler d’eux pour leur douceur et leur esthétique particulière. Pour ceux qui souhaitent redécouvrir cette série, je vous invite à consulter l’article dédié sur mon blog.

Pour ses 50 ans, l’approche devait être radicalement différente. Le Palais souhaitait un portrait qui s’inscrive dans un cadre naturel et historique, tout en répondant aux contraintes du format timbre.

Portrait de trois-quart de la Reine Mathilde de Belgique, posture digne et sourire radieux.
Une présence souveraine : travail sur la posture et la dignité en lumière continue.

Le Château de Laeken : Un écrin de lumière et d’histoire

Le choix du lieu de prise de vue est crucial pour un portrait officiel. Je n’avais pas envie de réaliser un « simple » portrait serré, dénué de contexte. Je voulais profiter du Château de Laeken, un lieu que je trouve absolument magique.

Ayant déjà officié à plusieurs reprises à Laeken — notamment pour les portraits des 18 ans de la Princesse Elisabeth — je connais bien les recoins photogéniques de cette demeure royale. On pense souvent à la Grande Galerie ou à l’escalier d’honneur, mais chaque vestibule, chaque péristyle possède une identité visuelle propre. Cependant, j’ai toujours eu un faible pour la coupole des Serres de Laeken. Son architecture de fer et de verre offre des jeux de reflets et une qualité de lumière que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, surtout lorsque le soleil s’invite à la séance.

La Princesse Elisabeth de Belgique descendant l'escalier d'honneur en marbre du Château de Laeken pour ses 18 ans.
Portrait officiel de la Princesse Elisabeth dans l’escalier d’honneur du Château de Laeken. Robe longue bleue, architecture en pierre blanche et marbre.

La technique derrière l’image : Dompter la lumière du jour

Pour ce portrait de la Reine Mathilde, j’ai installé mon set sur le parvis de la Grande Galerie, à proximité des fenêtres qui s’ouvrent directement sur les Serres Royales. L’objectif était de créer une harmonie parfaite entre l’éclairage artificiel et la clarté naturelle.

Le réglage technique : La Reine se tenait juste devant le chambranle de la fenêtre. Pour éviter un rendu plat, j’ai choisi de sous-exposer l’arrière-plan d’un tiers ou d’un demi-diaphragme. Cette technique permet de détacher délicatement le sujet du fond, sans pour autant donner l’impression d’un montage ou d’un fond de studio artificiel. On garde ainsi toute la texture de l’architecture de Laeken en arrière-plan.

Le choix du Moyen Format : Le Fujifilm GFX 100

On pourrait se demander pourquoi utiliser un boîtier de 100 millions de pixels pour une photo dont la finalité principale est un timbre de quelques centimètres. On pourrait croire que c’est « utiliser un canon pour tuer une mouche ».

En réalité, c’est tout l’inverse. Utiliser un capteur aussi grand que celui du Fujifilm GFX 100 offre une profondeur, une netteté et une transition dans les couleurs incomparables. Il n’y a aucune commune mesure entre un capteur plein format (24×36) et un capteur moyen format.

  • La définition : Elle permet un recadrage chirurgical sans perte de qualité.
  • Le modelé : La transition entre les zones d’ombre et de lumière est beaucoup plus soignée.
  • La polyvalence : Même si la finalité première était le timbre, ce fichier exceptionnel permet aujourd’hui toutes les utilisations, y compris des tirages monumentaux pour des expositions.
Planche de dix timbres bpost illustrés par un portrait de la reine Mathilde pour ses 50 ans, photo prise à Laeken.
Feuillet philatélique émis par bpost à l’occasion du 50ème anniversaire de S.M. la Reine Mathilde. Photographie originale réalisée au Château de Laeken.

La frustration de l’impression : Le passage au CMJN

Le métier de photographe professionnel ne s’arrête pas au déclenchement. La gestion de la chaîne graphique est un combat de chaque instant. Le seul bémol de cette expérience reste le rendu des couleurs sur le fichier d’impression des timbres.

Les courbes de quadrichromie (CMJN) utilisées pour l’impression fiduciaire ne correspondent pas toujours fidèlement au fichier photographique original (RVB). C’est une frustration récurrente : voir une partie de la dynamique des couleurs s’estomper lors du passage sur papier. C’est l’un des défis majeurs de notre profession, où l’intention artistique doit parfois composer avec les limites techniques de l’industrie de l’imprimerie.

Conclusion : Un moment d’histoire

Réaliser ce portrait pour les 50 ans de la Reine Mathilde fut une expérience mémorable. Entre la majesté du Château de Laeken, la précision technique du GFX 100 et l’émotion de créer un objet du quotidien comme un timbre, ce projet résume bien la passion qui m’anime depuis trente ans. Merci à la Famille Royale pour leur confiance renouvelée.

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