Il est des visages que l’on croit connaître par cœur tant ils habitent notre paysage médiatique. Jean-Louis Lahaye, l’homme-orchestre de la RTBF, fait partie de ceux-là. Pourtant, derrière l’animateur pétillant de l’Eurovision et la voix désormais incontournable de L’Heure H sur La Première, se cache un homme de passion, marqué par les cycles de la vie. Ce reportage exclusif pour Paris Match, intitulé « L’amour et le non-amour », reste l’un de mes souvenirs de production les plus intenses, capturant un tournant décisif de son existence.

Le cycle de la vie : Devenir père et orphelin
Lors de notre rencontre, Jean-Louis s’est livré avec une franchise rare. En l’espace de quelques mois, sa vie avait été bouleversée par un chassé-croisé émotionnel : la perte de son père et la naissance de son fils, Merlin.
Devenir père et orphelin la même année forge un homme. Jean-Louis évoquait alors avec pudeur cette relation complexe avec son propre père, tout en embrassant son nouveau rôle auprès de Merlin et de sa compagne, Ophélie. Photographier cette cellule familiale naissante sous la lumière changeante du printemps belge était un défi technique, mais surtout humain : il fallait protéger le petit Merlin du froid tout en capturant la chaleur des sentiments.

L’Heure H : Le nouveau rendez-vous des Belges
Depuis ce shooting, la carrière de Jean-Louis a continué de s’étoffer. Si le public l’apprécie toujours autant pour son humour et son énergie à la télévision, c’est aujourd’hui à la radio qu’il crée l’événement. Avec son émission L’Heure H, il a su s’imposer comme un maître de la narration et de l’histoire, prouvant une fois de plus sa polyvalence. C’est cette même curiosité intellectuelle que j’avais perçue lors de nos échanges sur le terrain : Jean-Louis ne survole pas les sujets, il les approfondit.
Des drones à l’Austin Healey : La passion du détail et l’humour
Le reportage s’est articulé autour de deux univers chers à Jean-Louis. Le premier volet nous a emmenés à l’ulmodrome de Maillen. Bien avant que les drones ne deviennent des accessoires de consommation courante, Jean-Louis Lahaye était déjà un pionnier via sa société LDV Production.
En tant que photographe professionnel, voir un homme d’image exploiter ces « bijoux de technologie » pour des prises de vues aériennes était fascinant. Le drone offre une liberté que l’hélicoptère ne permet pas, un silence et une proximité qui révolutionnent notre métier. Mais au-delà de l’aspect technique, la séance a aussi été l’occasion de moments plus légers. J’avais imaginé une idée un peu folle : celle de le photographier accroupi, avec ces petits engins volants tout autour de lui, lui-même armé d’un Baygon anti-moustiques dans une main et d’une tapette à mouches dans l’autre. Un clin d’œil malicieux à sa verve comique, transformant ces outils high-tech en une nuée d’insectes agaçants. Un pari humoristique, réussi, qui a ajouté une dimension inattendue à ce reportage.

Le second volet, plus « lifestyle » et vintage, nous a permis d’utiliser une mythique Austin Healey de 1963, véritable icône de design automobile. Entre l’élégance de cette mécanique et la douceur des portraits de famille, nous avons composé des images qui racontent une histoire. Dans l’une des compositions, Jean-Louis et Ophélie regardent au loin, dans la même direction, tandis que Merlin se tient devant eux. Une image qui résume ce passage de témoin entre les générations.
Un résultat intemporel pour Paris Match
Malgré une météo capricieuse qui nous a obligés à guetter la moindre éclaircie pour rester raccord avec la végétation naissante, le résultat final a comblé nos attentes : 8 pages dans Paris Match.
Ces photos ne sont pas de simples portraits. Elles racontent l’histoire d’un homme qui, entre deux enregistrements de L’Heure H ou une production aérienne, trouve son équilibre dans la transmission et la famille. C’est cette force tranquille que j’ai tenté d’immortaliser.

Ce travail pour Paris Match s’inscrit dans une série de collaborations prestigieuses, à l’image du shooting réalisé avec Tatiana Silva à The Hotel à Bruxelles.
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