L’écrin industriel de Mariembourg
Ce projet est l’une de mes plus belles réalisations, et le plaisir reste intact chaque fois que je replonge dans les pages de Paris Match où ce reportage a été publié. J’ai eu le privilège de diriger cette séance photo exceptionnelle avec l’éblouissante animatrice d’RTL-TVI, Émilie Dupuis, dans le décor spectaculaire de la gare des vieilles locomotives des Chemins de Fer des Trois Vallées à Mariembourg.
Quand le glamour rencontre la puissance brute de l’histoire industrielle, il se produit une alchimie photographique rare. Chaque détail, chaque rayon de lumière traversant la vapeur, a été pensé pour créer une atmosphère digne des plus grands studios de cinéma des années 50.

Direction artistique : Le contraste comme signature
L’idée de ce shooting est née il y a quelques années, lors d’un repérage personnel. J’ai immédiatement décelé le potentiel narratif de la Rotonde Dépôt de Locomotives. L’objectif était limpide : capturer l’élégance intemporelle d’Émilie Dupuis dans un environnement diamétralement opposé à son univers habituel.
Le contraste entre les textures, le tissu des robes sophistiquées face à la rouille et l’acier des machines à vapeur, offre une tension visuelle forte. En photographie de mode, c’est souvent dans ce choc des mondes que naît la poésie. J’avais chaque cadrage en tête bien avant le jour J, sachant que pour obtenir cet effet « grand écran », la logistique serait le défi majeur de cette production.

L’exploit logistique : Réveiller les géants de fer
Travailler avec ces vénérables locomotives n’est pas une mince affaire. Ce ne sont pas de simples accessoires de décor ; ce sont des monstres de métal vivants. Il faut près de quatre heures de chauffe et une préparation méticuleuse pour faire rouler ces machines et obtenir cette vapeur si particulière, dense et mouvante, qui sculpte la lumière.
Je tiens à souligner l’aide précieuse et la disponibilité totale du personnel et des bénévoles des Chemins de Fer des Trois Vallées. Leur passion est communicative. Ils ont déplacé des tonnes d’acier, manœuvré les motrices au millimètre près, pour que mes compositions soient exactes et que la vapeur jaillisse au moment précis où le soleil perçait les verrières du dépôt.

Une équipe de spécialistes pour un résultat haute couture
Sur le plateau, l’équipe était réduite mais composée de talents d’exception, indispensables pour transformer cette vision en réalité :
- Catherine Malmendier : Ma maquilleuse et coiffeuse habituelle. Elle a réalisé un travail d’orfèvre pour accentuer le côté glamour et sophistiqué, garantissant que le teint et la coiffure d’Émilie restent impeccables malgré l’humidité et la chaleur de la vapeur.
- Justine Lepoutère : L’une des meilleures stylistes de Belgique. Elle a su dénicher des pièces modernes, notamment chez Patrizia Pepe, tout en gardant cette direction « pin-up revisitée » qui était le fil conducteur du shooting.
- Moi-même, Michel Gronemberger : Travaillant sans assistant sur ce projet, j’ai dû jongler entre la gestion des éclairages de studio déportés, les consignes aux conducteurs de locomotives et la direction artistique.
Le travail d’équipe était millimétré. Pendant que je déplaçais les projecteurs pour compenser les ombres portées des machines, Catherine et Justine préparaient la silhouette suivante. Cette synergie a permis une efficacité maximale dans un environnement pourtant complexe.

Émilie Dupuis : La grâce devant l’objectif
Comme Paris Match l’a joliment titré : « La vie avec grâce et malice. » Émilie a tout de suite adhéré à ce projet audacieux. Elle m’a accordé une confiance totale et une carte blanche artistique, avec pour seule exigence que les photos restent belles, classes et fidèles à son image.
Sa capacité à passer d’un rire complice à un regard mélancolique derrière une vitre de wagon est remarquable. Elle ne se contente pas de poser ; elle habite le décor. Qu’elle marche d’un pas assuré sur le quai avec ses escarpins rouges ou qu’elle toise l’objectif depuis le marchepied d’une motrice, elle apporte une authenticité qui transcende le simple cliché de mode.

Conclusion : Transformer le réel en cinéma
Chaque image de cette galerie raconte une histoire. C’est un voyage immobile où les ombres, les reflets métalliques et le grain de la peau se répondent. Ce shooting à Mariembourg est la preuve qu’avec une vision forte et une volonté sans faille, il est possible de transformer un patrimoine historique en un plateau de cinéma à ciel ouvert.
Ce reportage reste pour moi un moment charnière, illustrant parfaitement ma démarche : chercher l’exceptionnel dans le contraste et sublimer la personnalité de mes sujets à travers une mise en scène habitée.
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FAQ : Les coulisses d’un shooting mode cinématographique
Pourquoi privilégier un décor industriel pour un portrait de mode ?
Le secret d’une image puissante réside souvent dans le contraste. Opposer la délicatesse des tissus de Justine Lepoutère(styliste) et la grâce d’une personnalité comme Émilie Dupuis à la rudesse de l’acier et de la rouille crée une tension visuelle immédiate. À la Rotonde de Mariembourg, l’objectif était de détourner le patrimoine industriel pour en faire un plateau de cinéma des années 50, offrant une profondeur qu’un studio classique ne peut égaler.
Quelles sont les difficultés techniques d’un shooting avec des locomotives à vapeur ?
C’est un défi logistique colossal. Contrairement à un décor fixe, une locomotive est un organisme vivant : il faut quatre heures de chauffe pour obtenir une vapeur dense. En tant que photographe professionnel à Bruxelles, je dois gérer l’humidité qui impacte le matériel et le maquillage. Le travail de Catherine Malmendier (make-up) est ici crucial pour maintenir un teint « haute couture » malgré la chaleur et les émanations de charbon du dépôt.
Comment obtenir ce rendu « cinématographique » sur une photo fixe ?
Le style cinématographique repose sur trois piliers : la lumière, la narration et le grain. En utilisant des éclairages de studio déportés pour sculpter la vapeur et en dirigeant Émilie vers une interprétation de « pin-up moderne », on recrée l’esthétique du grand écran. Chaque cliché est pensé comme une scène de film où le décor raconte une histoire, transformant un simple portrait en une œuvre de photographie boudoir ou de mode intemporelle.
Est-il possible de réaliser ce type de production pour des projets privés ou institutionnels ?
Absolument. Que ce soit pour une célébrité ou pour une marque cherchant une identité visuelle forte, ma démarche reste la même : l’exigence de l’image parfaite. Ce savoir-faire, acquis au fil de collaborations avec des magazines comme Paris Match, je l’applique à chaque projet dans mon portfolio de photographe. L’idée est de sortir des sentiers battus pour offrir à mes clients une imagerie qui se démarque par son audace et son luxe.


