Armelle Gysen est une figure familière de mon objectif depuis plus de vingt ans. Si nos collaborations les plus connues datent de l’époque de Paris Match, notre complicité a en réalité débuté bien avant, dans l’effervescence des studios de la RTBF. Aujourd’hui, alors qu’elle s’investit dans un nouveau défi en tant que Députée Wallonne pour Les Engagés, je reviens sur ces reportages qui ont jalonné nos parcours respectifs. C’est le récit d’une transition, de la lumière des plateaux télévisés à l’engagement politique, illustré par des images qui ont accompagné l’évolution de la presse magazine en Belgique.

Les prémices d’une carrière sous les projecteurs (Avant 2002)
Avant l’avènement du numérique, ma route avait déjà croisé celle d’Armelle Gysen. À cette époque, elle incarnait cette nouvelle génération d’animatrices spontanées qui allaient transformer le paysage médiatique belge. Même sans les archives numériques de ces tout premiers clichés, le souvenir de cette énergie débordante reste intact. C’est cette complicité de longue date qui nous a permis, par la suite, de réaliser des reportages d’une intimité rare.

2002 : L’audace du smoking à l’Hôtel Palace
Le choix du smoking et du champagne Bollinger n’était pas un hasard. On voulait une image qui détonne avec l’image plus « lisse » des animatrices de l’époque. C’était une mise en scène presque cinématographique. Le fait que ce soit sous le titre « La Libre Match » rappellera sans doute des souvenirs à ceux qui ont connu la presse belge avant ses grandes mutations. C’est là que tout a commencé, avec ce mélange de glamour et de décontraction.

Armelle Gysen au Château de Ry (2010) : L’époque de la comtesse
En 2010, le nom d’Armelle Gysen s’apprête à changer, tout comme sa vie. À moins de 20 jours du terme de sa première grossesse, elle me reçoit au Château de Ry, dans le Condroz, pour un reportage qui fera grand bruit dans l’édition belge de Paris Match. C’est un moment charnière : Armelle nous présente officiellement Frédéric d’Aspremont Lynden, celui qui est devenu son mari peu de temps auparavant. Avec ce mariage, le public découvre une nouvelle identité : celle de Madame la Comtesse d’Aspremont Lynden. Un titre qui, il faut bien l’avouer, impose un certain prestige au cœur de ce domaine familial séculaire.

Un cadre exceptionnel au cœur du Condroz
Le décor est à couper le souffle. Situé à Ry, le château est niché dans un écrin de verdure où rien ne vient troubler l’horizon. Entre les champs à perte de vue et les étangs qui bordent la demeure, le cadre est idéal pour une future maman en quête de sérénité. Frédéric n’est pas seulement le propriétaire des lieux depuis une dizaine d’années ; il est l’artisan de sa renaissance. Ancien professionnel de l’audiovisuel (ayant collaboré avec des figures comme Marc-Olivier Fogiel ou Laurent Ruquier chez Canal+), il consacre désormais son enthousiasme à la rénovation de cette propriété. Son projet ? Transformer ce patrimoine en un espace unique pour des séminaires et des événements, tout en y préservant l’intimité de sa famille.

Les coulisses d’une exclusivité : La confiance avant tout
D’un point de vue purement professionnel, ce reportage illustre parfaitement les rouages de la presse « people » en Belgique. À l’époque, plusieurs rédactions se battaient pour obtenir les premières photos d’Armelle Gysen enceinte. C’est ici que le métier de photographe prend une dimension diplomatique. Obtenir un sujet si convoité ne dépend pas uniquement du talent derrière l’objectif. C’est un savant mélange de confiance et de négociation. Il faut savoir entrer dans un jeu d’offre et de demande, tout en laissant à la personnalité le choix final de sa collaboration. La confiance qu’Armelle m’a témoignée pour ces clichés exclusifs est le fruit de nos années de travail en commun, bien au-delà de la simple technique photographique.

Entre rénovation et nouveau départ
Alors que Frédéric peaufine chaque détail de la demeure, Armelle s’apprête, elle, à vivre son plus beau rôle. Ce mélange entre la pierre ancienne en pleine mutation et la vie qui s’annonce créait une atmosphère très particulière lors de notre shooting. Capturer ce bonheur radieux, sans mise en scène superflue, était ma priorité.

Le Touessrok : Une parenthèse à l’Île Maurice avec Armelle Gysen (2011)
L’année 2011 marque un jalon important dans ma collaboration avec l’animatrice. Nous nous envolons vers l’Océan Indien pour un reportage qui restera l’un des plus denses de ma carrière : 14 pages plus la couverture dans l’édition belge de Paris Match. Le cadre ? Le Touessrok, un palace que je commence à bien connaître et qui est devenu l’un de mes lieux de prédilection à l’île Maurice. J’y avais d’ailleurs réalisé d’autres séries mémorables, notamment avec Julie Taton à l’île Maurice ou encore la séance complice avec Ophélie Fontana et Vincent Langendries.

Un sujet de 14 pages bousculé par l’actualité
Produit début mars, ce reportage a bien failli ne jamais voir le jour. Dans le monde de la presse magazine, l’actualité est reine et parfois impitoyable. Entre le mariage de Kate et William, la saga de Claire et Laurent de Belgique, et l’explosion de l’affaire DSK, notre sujet « famille » a dû attendre la mi-juin pour enfin trouver sa place en kiosque. C’est la réalité du métier : un sujet de cette envergure peut être « mis au frigo » pendant des mois en attendant une fenêtre de tir médiatique plus calme.
Les coulisses d’un reportage entre luxe et dépressions tropicales
Si les conditions de voyage étaient idéales (en Business class sur Air Mauritius et Air France), le travail sur place fut loin d’être un long fleuve tranquille. Le climat mauricien en cette période est particulièrement changeant. Dans un palace comme Le Touessrok, on cherche la lumière parfaite, mais nous avons dû composer avec un invité imprévisible : les dépressions tropicales.

Le défi majeur ? Le rythme de Gatien. À quelques mois, un bébé ne se soucie pas de la « Golden Hour ». Dès que le soleil perçait les nuages, Gatien faisait sa sieste ou avait faim. Et dès qu’il était réveillé et souriant, une averse tropicale nous tombait dessus. Pour garantir la matière nécessaire à un article de 14 pages, j’ai dû prendre une décision professionnelle forte : reporter mon vol de retour de deux jours.
Plus qu’un shooting : une relation de confiance
Ces jours supplémentaires n’ont pas servi qu’à la photo. Ils ont renforcé les liens avec Armelle et Frédéric. Entre deux sessions, nous profitions des temps morts pour échanger. Je garde un souvenir mémorable de nos parties de tennis sous une chaleur accablante, où j’ai dû subir le coup droit redoutable de Monsieur le Comte. Ces moments de rigolade, nos conversations parfois « dégantées » autour d’un rafraîchissement au bord de la piscine, sont l’essence même de ce que je recherche en tant que photographe professionnel : une connexion réelle avec mes sujets. C’est cette complicité qui permet d’obtenir des clichés où l’on sent que les barrières tombent.

Après le succès phénoménal du reportage au Château de Ry, j’étais curieux de voir l’accueil du public. Les statistiques de mon site et les nombreux commentaires reçus lors de sa grossesse ne trompaient pas : l’affection des Belges pour Armelle Gysen est une constante qui transcende les années.

Deux fils en deux ans et l’éclat d’une égérie au Château de Ry (2012)
L’année 2012 marque une accélération dans la vie de famille d’Armelle Gysen. Le titre de Paris Match résume parfaitement l’ambiance : « Deux fils en deux ans, quel bonheur ! ». Ce chapitre se divise en deux moments forts sous mon objectif : une maternité hivernale mémorable et l’accueil exclusif du petit Douglas dans l’intimité du château.

En février 2012, nous retournons au Château de Ry pour capturer l’attente du deuxième enfant. Le Condroz est alors plongé dans un froid polaire avec des températures descendant jusqu’à -15°C. Malgré la neige abondante et le froid mordant, Armelle a fait preuve d’un professionnalisme exemplaire.

Pour cette série en extérieur, nous avons joué sur la lumière froide et pure de l’hiver. L’étang gelé du domaine est devenu un miroir de lumière naturel, sublimant ce portrait de maternité où la douceur du lien maternel contraste avec la rudesse du climat.

L’effet « Olaz » et l’ambiance Cosy
À l’époque, Armelle est l’égérie de la marque Olaz. Elle incarne la « quarantaine épanouie », et mon travail consistait à retranscrire cet éclat à l’intérieur du château. Nous avons travaillé sur une atmosphère « cosy », utilisant les motifs du papier peint ancien et le mobilier de la demeure pour créer une unité chromatique.


Armelle Gysen : L’arrivée de Douglas et l’intimité du Château de Ry
C’est par une journée froide et pluvieuse du début de l’automne que je me suis à nouveau rendu au Château de Ry dans le Condroz. L’accueil d’Armelle Gysen et de Frédéric est, comme à l’accoutumée, celui d’amis de longue date. Entre deux cafés, nous préparions ce qui allait devenir une exclusivité majeure pour Paris Match : la présentation de leur deuxième fils, Douglas.

« Deux fils en deux ans, quel bonheur ! » titrait le magazine. Pour ce reportage, l’objectif était clair : fuir la mise en scène spectaculaire pour privilégier le naturel et la fraîcheur. Il fallait simplement laisser transparaître le bonheur rayonnant d’Armelle avec son nouveau « petit trésor ».
Le défi technique de la chambre de bébé
Dès mon arrivée, j’ai eu le « nez fin » en découvrant la chambre d’enfant. C’était un écrin splendide, pur et lumineux, signé par la maison belge Théophile & Patachou, complété par une peau de mouton immaculée de chez Didden&Co.

Pour le photographe, le défi était de taille : la pièce ne faisait que 3m x 4m. Éclairer un espace aussi restreint pour obtenir un rendu de « double page » de magazine sans écraser les volumes demande une gestion fine de la lumière. Pourtant, c’est dans ce petit périmètre que j’ai réalisé plus de 50 % des photos sélectionnées. La couverture elle-même n’est qu’un recadrage d’une de ces prises de vue horizontales. Comme quoi, une belle déco et une bonne lumière font souvent les meilleures photos.

Le séisme du divorce et le renouveau des « Ambassadeurs » (2015)
Le passage de 2012 à 2015 marque sans doute le virage le plus profond de la vie d’Armelle Gysen. En février 2016, l’animatrice brise le silence dans un reportage qui n’est plus celui d’une « vie de château », mais celui d’une femme debout, prête à affronter une nouvelle réalité.
De la châtelaine à la femme indépendante
Durement éprouvée par son divorce, Armelle a vécu ce qu’elle appelle un « séisme ». Du jour au lendemain, les grilles du château qu’elle repeignait deux semaines plus tôt avec amour font partie du passé. Le titre de Comtesse s’est envolé, les murs aussi. Mais comme elle me le confiait lors de nos échanges : « L’important est de rester positif ». Ce reportage de 2016 illustre cette transition. Armelle n’est plus la même femme. Elle a perdu des illusions, mais pas son sourire solaire. C’est le début d’une nouvelle ère professionnelle avec l’émission « Les Ambassadeurs » sur la RTBF, où elle succède à l’expérience de « Ma Terre ».

La symbolique du blanc et le doudou « Mon Chichi »
Pour illustrer ce renouveau, nous avons choisi la Promenade Verte. Le stylisme était impeccable : Armelle tout en blanc, perchée sur des talons Véronique Mergeay, entourée de ses fils eux aussi vêtus d’un blanc immaculé et chaussés en Sebago. Ce choix chromatique n’était pas un hasard ; il symbolisait la page blanche, la pureté de son lien avec ses enfants. Sur ces clichés, on voit Gatien tenant fermement son doudou « Mon Chichi ». C’est le fil conducteur de notre collaboration : ce même doudou que j’avais photographié au château des années plus tôt. Malgré le divorce et les déménagements, l’essentiel — les repères de l’enfance — restait intact.

L’expertise au service du patrimoine
Au-delà de sa vie privée, Armelle s’est réinventée. En plus de cartonner avec 120 000 fidèles chaque samedi sur La Une, elle a développé une expertise rare en communication, coachant des chefs d’entreprise pour la prise de parole en public. Cette force, elle l’a puisée dans ses épreuves. Elle n’a jamais eu de pudeur à demander de l’aide, citant souvent la psychothérapie comme un outil de compréhension de soi.

Elle m’a dit un jour, après le drame vécu par une amie : « Désormais, rien n’est grave. Le pire est arrivé ». C’est cette résilience qui l’a menée du petit écran aux bancs du Parlement Wallon pour Les Engagés. Elle ne regarde plus la route dans le rétroviseur ; elle conduit vers son destin.
De la RTBF au Parlement, l’engagement d’une députée (2024)
L’histoire culmine aujourd’hui au Parlement Wallon. Son élection sous les couleurs de Les Engagés est l’aboutissement logique d’une femme qui a toujours voulu être actrice de son patrimoine. Elle a troqué le micro pour l’action législative, utilisant sa voix pour défendre les citoyens avec la même passion qu’elle mettait à raconter nos richesses.

Collaborer avec une personnalité comme Armelle Gysen sur plus de deux décennies est un privilège rare pour un photographe. Chaque cliché de cette série n’est pas seulement une image de presse, c’est un chapitre d’une vie intense. Du faste des couvertures de Paris Match à la rigueur des travées politiques, Armelle prouve que l’on peut se réinventer sans jamais renier ses racines.
L’aventure continue : au-delà de ce reportage
Vingt ans de déclics, d’attentes de la lumière parfaite et de complicité ne se résument pas en une seule page. Ce voyage aux côtés d’Armelle Gysen est le reflet de ce qui m’anime depuis mes débuts : capturer l’humain derrière la figure publique, et la vérité derrière le papier glacé. Si ce récit de métamorphose, de la RTBF au Parlement Wallon, a résonné en vous, sachez que mon travail de photographe professionnel se nourrit de bien d’autres rencontres tout aussi intenses.
Explorez les coulisses de mon Journal
La photographie de presse et de portrait est une aventure humaine permanente. Pour ceux qui aiment les histoires « backstage » et les récits de séances photo aux quatre coins du monde, je vous invite à parcourir mon Journal. Vous y découvrirez d’autres exclusivités, des réflexions sur mon métier et des anecdotes de tournages qui, comme pour ce reportage sur Armelle, révèlent l’envers du décor des médias belges et internationaux.
Découvrez ma vision dans mon Portfolio
Chaque sujet est unique, et ma quête de l’image juste se décline sur de nombreux terrains, du portrait corporate aux photos glamour haut de gamme. Pour une immersion visuelle plus globale dans mon univers artistique et pour découvrir la diversité de mes collaborations, je vous propose de visiter mon Portfolio. Vous y retrouverez une sélection de mes travaux les plus emblématiques, où la gestion de la lumière et l’authenticité du sujet restent mes seules priorités.
La route est encore longue, et de nouveaux visages attendent d’être immortalisés. Que ce soit pour un futur reportage de presse ou pour un portrait qui vous ressemble, j’ai hâte de continuer à écrire ces histoires en images.