À l’occasion de la majorité de la Princesse Elisabeth, le Palais Royal a diffusé une série de photographies que j’ai eu l’immense honneur de réaliser au Château de Laeken. Pour cet anniversaire historique, le briefing était clair : une photo officielle majestueuse, un portrait avec son père le Roi Philippe, et une image plus décontractée. Cet exercice de style rappelait la rigueur nécessaire lors de ma séance pour la photo officielle du Roi Philippe et de la Reine Mathilde réalisée quelques mois plus tôt.

L’élégance en mouvement : la robe bleue dans l’escalier d’honneur
Pour la photo officielle, la Princesse portait une longue robe bleue. Pour sublimer cette silhouette, j’ai choisi le contraste minéral de la pierre blanche dans l’une des ailes du Château de Laeken. Cet escalier imposant, sous un plafond s’élevant à plus de 30 mètres, offrait le cadre idéal.
Bien que nous ayons réalisé des poses statiques, ce sont les photos en mouvement qui ont capturé l’essence du moment. Ma préférée reste cette prise de vue en légère contre-plongée : le flash fige le mouvement de la robe tout en respectant l’ambiance lumineuse du lieu. Techniquement, cette gestion de l’espace et de la lumière est une variante de celle utilisée pour le portrait studio de la Reine Mathilde, où l’on cherche avant tout à sculpter la présence du sujet.

Symbole de continuité : le Roi Philippe et son héritière
Pour le portrait avec le Roi, la Princesse Elisabeth portait une robe rouge. J’ai immédiatement suggéré le bureau du Roi pour deux raisons :
- L’harmonie chromatique : Les tons chauds du bois et des tapisseries créent un écrin parfait pour le rouge éclatant de la robe.
- La symbolique : Photographier la future Reine dans le lieu même où elle exercera un jour ses fonctions ajoute une profondeur historique à l’image.
Photographier la future Reine dans le lieu même où elle exercera un jour ses fonctions ajoute une profondeur historique à l’image. C’est un écho direct à la photo officielle du Roi Philippe, où la posture souveraine doit rimer avec humanité.

Un pont entre les générations : l’album de famille
La troisième photo, plus décontractée, montre la Princesse en jeans et baskets, assise sur un bureau ancestral chargé d’histoire (bronzes, chandeliers et livres anciens). Ce « plan B » choisi car la météo belge menaçait notre projet initial dans le parc du Château s’est révélé être une chance incroyable.
En préparant la pose, nous avons découvert un album photo en noir et blanc. En le feuilletant, nous avons reconnu le Roi Philippe, le Prince Laurent et la Princesse Astrid enfants. Cette quête de pérennité se retrouve également dans les tirages de prestige des portraits officiels 2023 que j’ai supervisés pour les 10 ans de règne de Leurs Majestés, où chaque détail doit traverser le temps. Cette images au bureau est devenue l’une des plus intéressantes de la série : elle réunit le passé (le décor et l’album), le présent (une jeune femme de 18 ans souriante) et l’avenir de la monarchie.

Un souvenir mémorable de photographe professionnel
Le choix du matériel : Pour cette production royale, j’ai utilisé mon système Fujifilm pour sa colorimétrie unique. La réactivité du boîtier a permis de capturer la spontanéité de la Princesse Elisabeth tout en conservant une texture d’image digne d’un tirage d’art. Ce shooting reste un moment charnière de ma carrière. Voir ces images reprises massivement dans la presse internationale, à la télévision et sur les réseaux sociaux est la plus belle récompense. Cela me rappelle mes débuts avec la famille royale, notamment cette session pour Vanity Fair en 2003, où la Princesse Elisabeth n’avait encore que 18 mois.

FAQ : Les coulisses des portraits des 18 ans de la Princesse Elisabeth
Où ont été pris les portraits officiels des 18 ans de la Princesse Elisabeth ?
Les photos ont été réalisées au Château de Laeken, la résidence de la famille royale. Le shooting a exploré des lieux emblématiques comme l’escalier d’honneur, le bureau du Roi, mais aussi des recoins plus intimes pour les photos décontractées.
La photo en jeans et baskets était-elle prévue au programme ?
Pas du tout ! C’était notre « Plan B ». À l’origine, nous devions shooter dans le parc du Château, mais la météo belge en a décidé autrement. Ce changement de dernière minute a permis de créer l’image la plus spontanée de la série, assise sur un bureau ancestral.
Quelle est l’histoire derrière l’album photo que la Princesse feuillette ?
C’est un moment de pure improvisation. En préparant la pose au bureau, nous sommes tombés sur cet album en noir et blanc. En l’ouvrant, la Princesse a découvert des photos d’enfance de son père, le Roi Philippe, de l’Oncle Laurent et de la Tante Astrid. C’est devenu un symbole magnifique de la transmission dynastique.
Pourquoi la Princesse porte-t-elle du bleu et du rouge sur ses portraits ?
Le choix des couleurs n’est jamais anodin. Le bleu de la robe de gala dans l’escalier d’honneur évoque la majesté et la sérénité. Le rouge porté dans le bureau du Roi crée un contraste chaleureux avec les boiseries et la tapisserie et souligne sa présence dynamique aux côtés de son père.
Comment avez-vous géré la lumière dans un espace aussi vaste que l’escalier de Laeken ?
C’était le défi technique majeur : un plafond à 30 mètres de haut ! J’ai utilisé des flashs pour figer le mouvement de la robe tout en veillant à ne pas écraser l’ambiance lumineuse naturelle du lieu. L’idée était de « sculpter » la silhouette de la Princesse dans ce décor minéral.
Quel matériel a été utilisé pour ce shooting royal ?
Le défi est de trouver l’équilibre entre la rigueur du protocole et la spontanéité de l’instant. Ayant photographié la Princesse Élisabeth avec ses parents lorsqu’elle avait 18 mois pour Vanity Fair, il y avait une forme de continuité naturelle et de confiance qui a facilité le shooting.
