Wisiwig, cours privés de photographie à Bruxelles, traitement d'images sur Lightroom et Photoshop donné par Denis Lecuyer.

Envie de prendre des cours de photo avec un pro? Pensez Wisiwig!

Il n’est pas toujours simple de trouver des cours du soir de photographie de qualité en Belgique en général et à Bruxelles en particulier. Si vous en cherchez, vous allez probablement trouver avec Wisiwig! J’ai connu Denis Lecuyer quand j’étais photographe de presse et que je travaillais pour l’agence Reporters. Lui, il travaillait pour la concurrence, Photo News. L’image que je garde de lui alors que nous étions concurrents, est celle d’un photographe très à cheval sur la technique photographique, la direction de la lumière en studio, le cadrage,… Il était très pointu parfois même à l’extrême.

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Denis Lecuyer par © Dominique Maréchal

Cette époque est bien lointaine comme l’argentique d’ailleurs, et plus récemment Denis Lecuyer m’a contacté pour faire un exposé sur mon métier de photographe professionnel aux élèves de ses nouveaux cours du soir de photo en modules privés. J’aime partager mes expériences et ma passion pour mon métier et c’est avec plaisir que j’ai accepté un soir de décembre cette rencontre très sympathique avec des jeunes et moins jeunes qui comme moi, vibrent pour la photographie. Dès lors, j’ai eu envie de mettre son initiative en avant sur mon blog, car une chose est certaine, en photographie, il sait de quoi il parle. Petite interview d’un homme qui n’est pas spécialement un grand communicateur, sauf dans ses cours de photo.

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© Charlotte Dehors

Qui est photographiquement Denis Lécuyer ?

Ah, vaste question, mon rapport à la photo est loin d’être linéaire ! Mes premiers émois photographiques remontent à mes 15, mais j’ai attendu encore 15 nouvelles années avant de devenir photographe après un long cycle de cours du soir à l’Ecole de Photographie de la Ville de Bruxelles. Mes débuts de carrière furent guidés par Paul Versele, le directeur de l’agence Photo-News et je me suis très vite déployé vers mon objet de prédilection: le portrait, en l’occurrence pour la presse magazine. Après dix années d’une belle évolution dans ce domaine précis j’ai eu envie de m’éloigner de la presse, elle m’obligeait à travailler vite et sous pression, ce qui me convient très peu. La deuxième tranche de ma carrière fut très diversifiée, alternance de reportages pour des clients internationaux (Cours de Justice européenne, TomTom Amsterdam) et de longues et studieuses sessions de studio, à la recherche de la lumière et du cadrage parfaits pour des sujets publicitaires, photos d’illustration et livres de cuisine. Il y a deux ans j’ai raccroché mes sacs photos, un peu en pétard avec l’évolution négative du métier de photographe. Depuis je passe énormément de temps à regarder les photos des autres, et ça suffit largement à nourrir mes yeux.

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© Yegor Tarelkin

Vous avez été photographe professionnel, pourquoi vous avez cette envie de donner des cours de photographie ?

Il y a plein de bonnes raisons pour ça, il me faudrait des pages et des pages pour aller au bout de l’explication. Alors je vais me limiter à quatre raisons :

– J’ai adoré mon métier de photographe, il a construit celui que je suis aujourd’hui et m’a fait vivre un tas d’expériences et ressentir une somme de sensations que je n’aurais jamais espérées. Mais parallèlement l’exercice professionnel de la photographie peut s’avérer extrêmement frustrant car il exige une somme de concessions qui pesaient de plus en plus lourd sur mes épaules de photographe puriste et exigeant. Il y a deux ans j’ai renoncé à remplir tout carnet de commande, j’avais donc du temps libre à occuper.

– Depuis 18 ans j’enseigne la photo quelques heures par semaine dans une 7e artistique. Même si cette activité est anecdotique dans le champ de mes activités, elle m’a toujours apporté énormément de satisfaction, du simple fait qu’être prof de photo me permettait de rester « puriste » là ou la pratique professionnelle m’en privait.

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© Frédérique Plucker

– Il y a 3 ou 4 ans je me suis retrouvé prof remplaçant dans une école de photographie qui a pignon sur rue, et j’avoue avoir été parfaitement scandalisé par les méthodes pédagogiques : 60 élèves plus ou moins méprisés par des professeurs dépassés et n’ayant jamais exercé le métier, ça pue l’arnaque. Je suis parti en claquant la porte après deux mois, mais quelques élèves sont venus me voir et m’on demandé de leur donner cours en privé. L’idée a fini par arriver à maturation.

– A l’heure où la photographie numérique fait penser à certains, très majoritaires, que la photo est l’ancien mot pour désigner « Selfy » et que « I-pad » est le nouveau mot pour désigner « appareil photo », j’avais un besoin impérieux de partir en croisade pour défendre l’évidence que faire une photo est un acte noble, difficile, pensé, sensible, périlleux. Et une énorme source de plaisir, de satisfaction et d’évolution personnelle pour ceux qui acceptent d’être initiés.

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© Aude Fischer

Quel drôle de nom WISIWIG pour un cours de photographie, d’où vient-il ?

« Wisiwig » est un dérivé de « Wysiwyg », très utilisé dans le monde de l’image numérique. « Wysiwyg » est l’acronyme de la locution anglaise « What you see is what you get », signifiant littéralement « ce que vous voyez est ce que vous obtenez ». Je l’ai remplacée par « Ce que je vois est ce que j’obtiens » (What I See is what I Get), réponse à la problématique du photographe amateur qui ne parvient que rarement au résultat qu’il avait espéré.

C’est votre deuxième année de cours qui débute ce mois-ci, combien avez-vous eu d’étudiants pour la première session ?

En effet j’ai lancé la formule en avril 2014, avec une première session qui rassemblait 6 élèves. La session suivante, de septembre à fin novembre 2014, a fidélisé 11 personnes. Et la session d’hivers qui vient de débuter compte déjà 9 élèves, mais les inscriptions restent ouvertes jusqu’à la fin du mois de janvier et je sais par expérience que pas mal d’inscriptions arrivent en toute dernière minute, voire un peu en retard.

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© Vinciane Chabot

Qui sont vos étudiants dans vos cours du soir et d’où viennent-ils ?

C’est très varié, il n’y pas pas vraiment de profil-type, ni socialement ni économiquement ni photographiquement ni géographiquement. Bien entendu la plupart des élèves vivent dans la région bruxelloise, quelques fois à moins de 1 kilomètre de chez moi, mais d’autres viennent de beaucoup plus loin : un nouvel élève inscrit en Phase 1 vient carrément de la frontière franco-luxembourgeoise chaque lundi, soit 5 heures de route aller-retour, pas mal quand on sait qu’il a une vie professionnelle et familiale bien remplies! Le seul point commun entre tous est évidemment l’envie ardente de progresser en photo.

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© Véronique Coutié

Doivent-ils avoir déjà une certaine expérience de la photographie et doivent-ils avoir beaucoup de matériel photo ?

Les cours sont répartis en 3 niveaux (Phases 1, 2 et 3). Le premier niveau ne nécessite aucune expérience étant donné que mon cours commence au niveau 0. La Phase 2 est plus orientée sur la pratique et, par voie de conséquence, exige que les fondamentaux théoriques soient bien digérés. En phase 3 on entre dans l’expertise et la créativité à fond les manettes, et là il est clair que certaines compétences doivent être acquises. Côté matériel tout dépend là aussi du niveau, mais on peut démarrer avec très peu de choses en Phase 1 (un boitier de qualité raisonnable et une focale fixe sont suffisants).

Nous ne perdons jamais de vue que le matériel le plus précieux et nécessaire du photographe est sa paire d’yeux (quoique un seul œil soit déjà largement suffisant).

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©Isabelle Motte

Aujourd’hui c’est l’ère du numérique, dans vos cours de photos y a t-il une approche des logiciels pour la photographie, tel que Photoshop ?

Le cours est bien entendu orienté numérique, tant en prise de vue qu’en post-traitement. Mon principe est qu’une image brute qui sort de l’appareil n’est qu’une matière première qui doit être raffinée, plus ou moins selon les cas. Dès lors nous travaillons beaucoup sur Lightroom et Photoshop, en particulier à partir de la Phase 2.

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© Virginie Breydel de Groeninghe

Justement, est-ce un plus pour un professeur d’avoir connu l’époque de l’argentique comme photographe pour enseigner aux élèves le numérique ?

Sincèrement je pense que oui. Vous et moi nous avons appris à exposer de manière scrupuleuse nos films dia (car ils n’avaient aucune latitude sensitométrique), à travailler à très faible sensibilité en toute circonstance et à réfléchir avant de remplir une bobine qui ne permettait que 36 vues. Ces contraintes étaient impitoyables et extrêmement formatrices et je m’efforce de partager cet acquis avec les élèves en les amenant à faire peu d’images, mais à les faire bien.

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© Virginie Breydel de Groeninghe

Vous accompagnez parfois vos élèves en prises de vues sur différents thèmes. Quels sont-ils ? Quel apport technique et pédagogique vous leurs donnez lors de ces sorties ?

Le principe général est que la plupart du temps les apprenants font les images de leur côté en tâchant d’appliquer ce que j’ai expliqué au cours. Mais en effet je les convoque parfois sur un lieu de prise de vue et nous travaillons ensemble. Les lieux choisis sont la plupart du temps parfaitement anodins, du moins en apparence… Car un autre de mes principes est qu’il n’y a pas de « bon » ni de mauvais « sujet », il n’y a que des « bons » ou « mauvais » yeux pour les regarder ! Ma pédagogie consiste alors à développer leur manière de regarder la scène, sélectionner un élément, imaginer ce qu’on peut en faire, et mettre en œuvre les moyens techniques pour en faire une image. Je suis persuadé qu’il y a en permanence un chef d’œuvre potentiel à moins de 50 mètres de nous, le talent du photographe consiste justement à le faire émerger.

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© Virginie Breydel de Groeninghe

Qui peut s’inscrire ?

Tout le monde, bien entendu. Mais pas n’importe qui. J’entends par là que le candidat doit être prêt à s’engager de manière continue pendant ces 30 heures de cours (réparties sur dix semaines), à remettre en question ses acquis s’il en a, et à accepter les critères de qualité de Wisiwig, car ils sont assez élevés.

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© Vinciane Chabot

J’ai donné une présentation sur mon travail un soir chez vous et j’ai pu constater l’excellente ambiance qui y régnait et l’envie de vos élèves d’apprendre des choses sur la photo. Un module de 30 heures c’est court! Êtes-vous satisfait de leur évolution photographique et eux-mêmes le sont-ils ?

Concernant l’ambiance tout d’abord: oui, je pense qu’elle est excellente et je travaille beaucoup à ce qu’il en soit ainsi. Imaginez-vous que 4 ou 5 personnes se retrouvent ici le soir, une fois par semaine, autour d’une table pendant 3 heures, après une journée de boulot harassante et bien souvent génératrice de frustrations. La moindre des choses est de leur offrir un accueil détendu, sympa et valorisant, sans quoi je n’ai aucune chance de maintenir leur attention et leur envie de revenir. Voilà pourquoi pendant les cours on ouvre toujours une bouteille de vin (parfois plus), on boit de la soupe, on respire l’odeur du feu de bois, on mange les sucettes que j’accorde aux élèves méritants, et on rigole beaucoup.

Sur la question de l’évolution photographique des élèves : impossible de généraliser, chacun avance à son rythme, certains sont à maturation lente et d’autres avancent de manière fulgurante, je pèse le mot. Quant à savoir s’ils sont satisfaits, je pense que oui, ils sont d’ailleurs très nombreux à rempiler pour la session suivante.

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© Yegor Tarelkin

En pratique, comment se déroulent vos cours ?

3 heures de cours intensifs en fin de journée, ça exige une dynamique adaptative selon l’humeur du groupe, la matière du jour et plein d’autres paramètres qui doivent être ressentis sur le moment. Pour cette raison mon cours n’est pas écrit, aucun de mes cours ne se ressemble, je suis en permanence attentif à l’état du tonus cérébral des élèves et à leurs sujets de préoccupation du moment. Mais la structure principale est celle-ci : on commence par de la théorie light, ensuite on passe au lourd. La deuxième partie de soirée est généralement consacrée à l’examen des photos que les élèves ramènent, et tout le monde est amené à donner son avis. C’est là que généralement nous débordons de l’horaire, parfois très largement.

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© Charlotte Dehors

J’ai cru comprendre qu’il y avait un suivi de votre part dans le traitement des fichiers numériques après les prises de vues faites par vos élèves. Est-ce parce que savoir tirer le meilleur d’un fichier avec les logiciels actuels est très difficile à apprendre ?

En effet, c’est vraiment difficile et pourtant essentiel. Je me suis rendu compte, à la faveur de ces cours, que la plus grande difficulté en post-traitement n’est pas tant de comprendre le fonctionnement de logiciels aussi vastes que Photoshop et Lightroom que de savoir QUOI en faire. Être devant un fichier Raw (car nous ne travaillons qu’en Raw) et imaginer ce que l’on va en faire réclame pas mal d’expérience et de très nombreuses heures d’expérimentations hasardeuses. Alors tant que l’élève ne parvient pas au résultat final souhaité je prends et charge sa post-prod, ce qui le guide utilement dans ses recherches. J’ai également l’exigence personnelle de placer en galerie virtuelle des images qui tiennent la route et qui font honneur au photographe, d’où mon contrôle actif sur le traitement.

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© Vinciane Chabot

Dans un monde parfait comment voulez-vous faire évoluer vos cours de photos dans le futur ? Une école Denis Lécuyer-Hansel ?

(Rire). Voilà qui ravirait mon ego, mais fort heureusement pour moi il n’est que très modérément vorace.

Une particularité de Wisiwig est fondée sur la proximité entre moi et les élèves, ce qui exclut plus de cinq élèves par groupe. Donc je n’envisage pas d’évolution quantitative, l’idéal sera atteint quand chaque soirée soit remplie, soit au maximum 20 apprenants chaque semaine.

Ma plus vive ambition est d’avoir suffisamment d’élèves pour pouvoir me permettre de d’incorporer à chaque cours un élève pour qui la photo est un truc vital mais qui n’a pas les moyens de s’offrir ces cours, car dire « non » à un candidat pour une raison d’argent ça me reste en travers de la gorge.

Et là je crois que mon monde serait quasi-parfait !

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© Vinciane Chabot

Toutes les photos de cet article ont été faites par des élèves de Wisiwig, principalement en phase 1. Pour plus d’information sur ces cours de photographie, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de Wisiwig. Il reste encore quelques places pour les cours de 2015 mais attention les inscriptions seront clôturées fin de ce mois de janvier. La photo de couverture de cet article (OXO) est signée © Olivier Melebeck.

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