Julie Taton l'animatrice d'RTL-TVI et de TF1 Secret Story parle du cancer et de son papillomavirus dans une lettre émouvante publiée en exclusivité dans Paris Match Belgique.

La lettre émouvante de Julie Taton dans Paris Match sur le papillomavirus.

Des reportages avec Julie Taton, j’en ai déjà fait quelques un. Il est vrai que celle qui m’appelle tonton, est devenue une amie. Nous avons parfois refait le monde, lors de nos voyages dans des pays souvent paradisiaques. L’île Maurice, La Réunion, et plus récemment aux Maldives au Kanuhura. Tant d’heures passées dans des avions, des journées et des soirées à discuter ensemble de tout et de rien, nous connaissons pas mal de choses l’un de l’autre…Julie Taton_1762

J’étais informé de ses soucis de santé, des épreuves et des angoisses qu’elle vivait, mais bien évidement je garde toujours les choses pour moi surtout quand c’est quelqu’un de médiatique. A l’approche de ce Télévie, Julie avait envie de s’exprimer par rapport à ce virus qu’elle appelle son papillon, le papillomavirus.

Nous étions le 27 mars, en forêt de Soignes et je devais faire un reportage différent de ceux que j’avais l’habitude de faire avec elle. Pas de strass et de paillette, pas de mise en scène, de la simplicité, du naturel, pour faire un reportage qui se voulait être tout simplement humain, d’une femme qui parle à d’autres femmes.Julie_Taton_Papillomavirus_Paris_Match-1

Habituellement, Julie se livre avec plaisir aux jeux des journalistes et des interviews. Ici il n’en n’était rien, juste une lettre à cœur ouvert. Nous venions de faire la première série de photos qui illustre la première double page de l’article de Paris Match et nous étions prêt dans la voiture, à trois avec ma maquilleuse pour une deuxième photo en attendant que le soleil daigne montrer le bout de son nez. Spontané comme elle peut l’être, elle nous a lu sa lettre, son témoignage, sur ce qu’elle a vécu. Julie a déjà beaucoup de qualités, j’ignorais qu’elle en avait encore une autre. Une belle plume !

Ce n’est pas évident d’écrire une histoire, une lettre, pour traduire son ressenti, surtout quand c’est très personnel et d’autant plus quand c’est destiné à être publié dans un magazine. Dans la voiture, les mots défilaient, et le silence régnait, c’était particulièrement émouvant ! Alors voici ma toute petite contribution contre ce virus, c’est de partager sa lettre dans le même but qu’elle : « Sensibiliser et pousser les femmes à se faire dépister ! »BE#001PMB708.indd

 

“On m’a dit qu’après la pluie revenait toujours le soleil”

 

Il y a trois ans, on a découvert que j avais attrapé le papillomavirus, un virus situé sur le col de l’utérus qui se transforme, ou pas, en cancer. Et chez moi, visiblement, il se développe bien. On a dû m’opérer assez vite, car le stade de propagation du virus était alarmant. C’était juste avant mes tous premiers tournages pour TF1. Autant vous dire que ce n’était pas du tout le bon moment. Je devais préparer les émissions, être dispo, « full peps & smile » à Paris. Donner le meilleur de moi, être focus sur ce nouveau gros challenge.Julie_Taton_Papillomavirus_Paris_Match-3

Mais il n’y a jamais de bons moments pour ça. Alors, je suis allée à l’hôpital un matin pour un « one day clinic ». Aussitôt rentrée, aussitôt sortie, j’ai enchaîné avec un trajet en Thalys pour avancer sur la production de ma nouvelle mission, ma principale préoccupation ! Je pensais que mon virus en avait fait autant. Mais, deux ans plus tard, après avoir pourtant effectué des frottis tous les six mois, dont les résultats étaient bons, il est revenu. Là, j’ai pris un coup. Car la première fois, on se dit : « Ce n’est pas grave, on m’opère, on m’enlève ça et on n’en parle plus ! » Oui et non, car « ça » peut revenir ! « OK, mais combien de fois ? Pourquoi ? Comment ? Que puis-je faire pour que ça ne revienne pas ? Bon, s’il suffit d’opérer, opérons : je prendrai deux jours de congé et on sera bon ! » Mais la deuxième fois, vous êtes moins légère face à l’épreuve de l’hôpital. Vous vous remettez en question : « Qu’est-ce que je n’ai pas compris ? Qu’est-ce que mon corps veut me dire ? » Vous réalisez que c’est beaucoup plus vicieux que cela, qu’on parle de cellules précancéreuses, qu’on vous enlève à chaque fois des petits morceaux de vous et, surtout, que la menace de cancer peut revenir, encore et encore.Julie_Taton_1728

Ma gynéco m’a dit : « Il faut absolument que tu boostes ton immunité ! » C’est-à-dire ? « Pas de stress, du repos, du sport, pas d’alcool, pas de toxines… » Oui, bien sûr ! Je change de métier et je pars m’installer dans une communauté amish aussi ? On m’a donc opérée une deuxième fois. C’était en avril de l’année passée, quelques jours avant le week-end Disney organisé par RTL TVI. A nouveau, je n’avais pas le choix : il fallait agir vite. A peine les mauvais résultats de mon frottis reçus, ma gynéco avait booké la salle d’op. Et c’était reparti pour un tour… J’étais assez sereine car je me savais entre de très bonnes mains. Mais j’étais triste. Pourquoi ce développement en moi, si rapide et à nouveau ? Ma vie était pourtant jolie à tout point de vue, beaucoup plus stable, plus ancrée depuis quelques mois. Je m’installais enfin dans une belle histoire… Il y a eu quelques complications lors de l’opération. J’ai fait une hémorragie, on a dû réopérer le lendemain de toute urgence. Bref, c’était en début de semaine et, le week-end, je bossais à Disney. J’ai à nouveau géré ! Mais je l’ai payé plus tard. Après avoir « traîné la patte » pendant des semaines et des semaines, je me suis rendu compte que j’avais attrapé une maladie nosocomiale qui rongeait mon rein. Retour à la case hosto, examens pendant des semaines. On ne trouvait pas exactement ce que j’avais, toujours plus de médocs… J’ai changé de médecin, on a augmenté la dose de médicaments. Pas d’amélioration, toujours autant de fièvre et pliée en deux de douleur. Toujours plus de médocs. Cela a duré sept mois et, en vue, pas de papilloma… Julie_Taton_Papillomavirus_Paris_Match-4

 

Ouf ! La médecine traditionnelle ne me parlait plus vraiment, je n’y trouvais pas toutes mes réponses. Mis à part me donner des médicaments à très large spectre, on ne me proposait pas de solutions, on ne m’expliquait pas les choses. C’était comme ça et puis c’est tout. J’ai de plus en plus ressenti le besoin de me soigner différemment, de m’éloigner de la médecine traditionnelle. A la fois comme une alternative et comme un complément. Je me suis tournée vers sa cousine asiatique, plus spirituelle, plus efficace à mon sens.Julie_Taton_1668

Mais à chacun, évidemment, de trouver sa voie en la matière, car l’équilibre, c’est aussi et d’abord une recherche personnelle. L’acupuncture, le reiki, mais aussi d’autres influences telles que la kinésiothérapie, la microkiné, le yoga, la méditation, l’intervention d’un éthiopathe, le sport bien sûr, mais surtout une alimentation saine et équilibrée entre acide et base, riche en produits bio, locaux et de saison, loin des faux fruits gorgés de pesticides, des viandes bourrées d’OGM, des légumes remplis d’antibiotiques, d’aluminium, de produits chimiques et j’en passe, qui bouffent notre énergie et agressent notre immunité. Car quand on y réfléchit bien, c’est un peu le chien qui se mord la queue ! Changer ses habitudes, ses réflexes, ses repères, changer sa façon de profiter de la vie, de vivre la vie, relativiser, lâcher prise, la sincérité du moment, des gens qui vous entourent… Voilà l’autre vérité.Julie_Taton_1567

Pour assumer et rendre naturel tous ces changements, il me fallait un autre moteur que la peur. L’amour de mes proches, de ma famille, de ma petite sœur Déborah, bien évidemment. Mais il me fallait aussi et surtout un complice, mon complice ! Et, merci la vie, je l’avais rencontré quelques mois auparavant. La personne avec qui on partage tout : ses fous rires comme ses angoisses, ses larmes comme ses blagues pourries, ses coups de gueule comme ses pieds froids dans le lit, ses carottes bio comme son bourgogne aligoté pas bio… Comme quoi ! Et tout cela, loin des regards indiscrets. Préserver son jardin secret, la magie du début, nous n’avons – hélas ! – pas pu le faire. Dès les premières semaines de notre histoire, nous avons dû faire face à l’espionnage et à l’acharnement de certains, avides de jeter notre vie sur la place publique. Et le plus triste, grâce à la complicité d’ « amis » ! Et dire qu’on les choisit… Bravo Julie !Julie_Taton_1803

L’intimité est si fragile, tellement précieuse. Mais mes épreuves me nourrissent. Mes amis, les vrais, me réconfortent. Ma famille me porte et mon futur mari me fait sortir le meilleur de moi-même. Je n’ai pas à me plaindre. Au contraire, la vie m’a gâtée et je ne cesserai jamais de le dire. En m’ouvrant au monde, en m’intéressant aux autres, j’ai rencontré des gens extraordinaires. Que ce soit dans mes fonctions d’ambassadrice pour la Croix-Rouge ou de marraine pour l’association Think Pink contre le cancer du sein. De véritables phénix qui renaissent de leurs cendres, dont j’apprends beaucoup. Mais il y a deux mois, mon ami est revenu papillonner en moi, fidèle au poste. Ses ailes chargées de nouvelles angoisses, de nouvelles questions et de nouvelles peurs. Et si je tombe enceinte ? Le virus va-t-il passer plus vite de la dysplasie légère au cancer invasif ? Et mon bébé là-dedans ? Et après ? Quand je n’aurai plus de col de l’utérus, il se mettra où, le cancer ? Je n’ai pas encore toutes les réponses. Mais j’ai des projets, des envies et, comme vous l’avez appris récemment dans la presse, je vais me marier. J’aurais aimé l’annoncer moi-même, vivre ce moment si magique avec celui que j’aime… Mais à nouveau, on ne m’en a pas laissé le temps. La vie, c’est comme ça, il y a du mal, mais du bien aussi, beaucoup de bien, heureusement. Et c’est là-dessus qu’il faut se concentrer !

Autant de choses qui me font être positive et surtout heureuse. Alors, pourquoi vous raconter tout cela maintenant ? Parce que nous sommes à quelques semaines du Télévie et que cette année, plus que jamais, je l’avoue, je me sens particulièrement investie d’une mission. Parler, informer, vulgariser, sensibiliser les femmes aux dépistages ! Pour qu’elles écoutent leur corps et qu’elles prennent régulièrement rendez-vous chez leur gynéco. Le papillomavirus est un véritable fléau, un virus misogyne porté par les hommes qui, eux, ne développent rien du tout ! Aucun symptôme, aucun problème, rien ! On est si vulnérable face à lui. Il se transmet lors de rapports sexuels même protégés. La main, la bouche suffisent… C’est vous dire ! Parce qu’aussi, pour être franche, je n’étais pas capable d’en parler avant. Je fuyais, je minimisais la situation, je « gérais ». Tu parles !Julie_Taton_1540

Parce qu’aussi je voulais vous expliquer le pourquoi de mon absence pendant presque un an. Un an dans ma bulle. Ce n’est donc absolument pas dans le but de me plaindre ou d’enfiler les guenilles de Cosette que ces lignes sont écrites. Mais simplement pour faire passer un message. D’une femme à une autre, à d’autres femmes. Comme si je parlais à une amie que je n’ai plus vue depuis longtemps et qui me questionne sur mon silence, mon absence, pendant tous ces mois. Et en quelques lignes thérapeutiques, qui n’ont pas fait couler que de l’encre, je lui raconte l’épreuve que je traverse, mon besoin de me mettre au vert pour comprendre, assimiler et digérer les infos. Une épreuve semée d’embûches, oui, mais ô combien enrichissante, métamorphosante. La chrysalide rangée au placard, j’ai sorti le ciré et mes bottes en caoutchouc pour aller danser sous la pluie. Mais on m’a dit qu’après la pluie revenait toujours le soleil.

Julie Taton.

 

 

 

 

 

 

 

 

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